Lotissements à Bamako-Sénou : Adama Sangaré nie tout détournement

Le procès de l’ancien maire du District de Bamako, Adama Sangaré, et de huit autres coaccusés se poursuit devant la chambre criminelle du Pôle économique et financier de Bamako. Poursuivi notamment pour faux, usage de faux, atteinte aux biens publics et complicité dans une affaire liée à des opérations de lotissement, l’ancien édile a rejeté les faits qui lui sont reprochés lors de sa comparution à la barre.

Au cœur du dossier figurent des opérations foncières dans la zone aéroportuaire de Bamako-Sénou. Selon les accusations rapportées à l’audience, Adama Sangaré aurait notamment participé à des opérations irrégulières de lotissement et d’attribution de parcelles sur des terrains présentés comme relevant du domaine public immobilier de l’État.

Deux montants sont évoqués dans la procédure : 49,39 millions de francs CFA, correspondant aux frais d’édilité qui auraient été détournés au préjudice de l’État, et un préjudice financier provisoire estimé à 483,964 millions de francs CFA.

La défense conteste la compétence de la juridiction

À l’ouverture du procès, les avocats de la défense ont soulevé des exceptions d’incompétence. Ils ont soutenu que l’affaire avait déjà été examinée par une juridiction supérieure, la Cour suprême, qui aurait qualifié les faits de faute administrative. Ils ont ainsi demandé l’arrêt de la procédure et la mise en liberté des accusés.

Le ministère public et les représentants de la Direction du contentieux de l’État se sont opposés à cette requête. La chambre criminelle a finalement rejeté les exceptions, estimant qu’elles étaient insuffisamment justifiées, avant d’ordonner la poursuite des débats.

Adama Sangaré conteste les faits

Interrogé sur les accusations, l’ancien maire a déclaré ne pas reconnaître les faits qui lui sont reprochés. Concernant les 49,39 millions de francs CFA évoqués dans le dossier, il a affirmé que cette somme correspondait à des frais d’édilité dont certains bénéficiaires de parcelles auraient été exemptés en fonction de leur rang social.

Questionné par le parquet sur la légalité de ces exemptions, il a invoqué son pouvoir discrétionnaire lorsqu’il dirigeait la mairie du District de Bamako.

S’agissant des lotissements contestés, Adama Sangaré a également soutenu que les terrains concernés ne relevaient pas de l’emprise aéroportuaire. Il a par ailleurs déclaré avoir attribué certaines parcelles à des ressortissants du Nord du Mali, à Faladié-Est, sur la base d’instructions verbales qu’il attribue à l’ancien président de la République Ibrahim Boubacar Keïta.

Ces déclarations ont suscité des interrogations du ministère public sur la portée de telles instructions et leur éventuelle incidence sur la régularité des attributions.

Pour sa défense, l’ancien maire a enfin affirmé que les opérations de lotissement mises en cause n’avaient fait l’objet d’aucun recours devant une autorité administrative et qu’elles auraient généré plus de deux milliards de francs CFA de recettes pour l’État.

Les débats se poursuivent afin d’examiner les faits et les responsabilités des différents prévenus. Les accusations demeurent à établir devant la juridiction compétente, et les mis en cause bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à une décision définitive de justice.

Sory Diakité


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