Finances publiques dans l’UEMOA : le Togo dépasse la moyenne communautaire

Lomé accueille depuis lundi une réunion de l’Observatoire des finances publiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), consacrée à la révision des directives communautaires adoptées en 2009. L’objectif est de moderniser le cadre harmonisé de gestion des finances publiques afin de mieux l’adapter aux évolutions des normes internationales et aux exigences de transparence budgétaire.

La rencontre réunit des experts des huit États membres, des représentants de la Commission de l’UEMOA, de la Cour des comptes, de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) ainsi que des partenaires techniques.

Représentant le président de la Commission de l’UEMOA, Alioune Sène a relevé plusieurs insuffisances mises en évidence lors de la revue annuelle 2026. Parmi celles-ci figurent des incohérences entre la comptabilité publique et celle des biens de l’État, l’absence de règles relatives à l’amortissement et une application parfois non conforme de l’unité budgétaire.

Les directives en vigueur ne prennent pas non plus suffisamment en compte certaines normes internationales récentes, notamment dans les domaines des statistiques des finances publiques et des normes comptables. Leur révision vise ainsi à renforcer la cohérence des systèmes budgétaires et comptables des États membres.

Le Togo se distingue par un taux de mise en œuvre des directives de 87,12 %, supérieur à la moyenne communautaire, établie à 77,98 %. Le pays est passé au budget-programme dès 2021, une évolution qui figure parmi les éléments de sa performance en matière de gestion des finances publiques.

« Ce résultat encourageant ne nous fait pas perdre de vue le chemin qui reste à parcourir », a souligné Essokiza Anakpa, directeur général du Budget et des Finances et secrétaire permanent par intérim de la Cellule Cédéao-UEMOA. Il représentait le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola.

Pour les participants, la révision ne doit pas se limiter à une simple actualisation des textes. Elle doit permettre à l’Union de disposer d’un cadre communautaire moderne, cohérent et résilient, capable d’accompagner l’évolution des pratiques budgétaires et comptables des États membres.

Sory Diakité


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