MANAGEMENT DU SPORT AU MALI: Le CNOSM lance la révolution de la parité avec son Plan 2026-2028

Réunies au Mémorial Modibo Keïta de Bamako du 22 au 24 octobre 2026, les figures majeures du sport malien ont validé une feuille de route historique. Porté par la Commission « Femmes et Sport » du CNOSM, le nouveau Plan d’action 2026-2028 impose un objectif de 30 % de représentativité féminine au sein des fédérations nationales. Retour sur un séminaire stratégique qui entend transformer les promesses en réformes concrètes et briser définitivement le plafond de verre.

« Leadership féminin et gouvernance sportive inclusive au Mali : de l’engagement à l’action » ! Tel était le thème de ce séminaire national. L’objectif global est de passer des simples déclarations d’intention à des réformes concrètes au sein des fédérations nationales. Il s’agit de renforcer le leadership en outillant les dirigeantes, arbitres, entraîneures et anciennes athlètes pour assumer des postes à haute responsabilité, tout en réduisant les inégalités de genre dans la gestion quotidienne et politique du sport malien.

« Les femmes maliennes ont toujours porté haut le sport dans les différentes compétitions. Elles jouent, gagnent, entraînent. Cependant, lorsque l’on arrive aux instances décisionnelles, elles sont insuffisamment représentées », a déploré Mariam Senou, la présidente de la Commission « Femmes et Sport » du CNOSM. Selon elle, les femmes n’occupent actuellement que 17 % des sièges concernés, soit trois femmes sur un total de 17 personnes. Cette proportion reste bien en deçà du seuil de 30 % recommandé par le mouvement olympique international. Pour la présidente, le défi consiste désormais à dépasser le simple constat pour créer les conditions d’une participation effective des femmes aux responsabilités.

Présente à l’événement, la présidente de la Commission « Femmes et Sport » de la zone 2 de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (ACNOA), Mme Germaine Manguet, a appelé les participantes à faire de cette rencontre un cadre de réflexion et de coopération : « Notre rencontre ne doit pas être simplement un moment de retrouvailles et de partage. Elle doit être une occasion de réfléchir ensemble à ce que nos différentes commissions peuvent entreprendre, dans chacun de nos pays, pour développer la pratique sportive féminine, accompagner les jeunes filles, renforcer les compétences des femmes et favoriser leur accès aux postes de responsabilité ».

Le directeur de cabinet du président du CNOSM, Tidiane Niambélé, a réaffirmé l’importance de la contribution des femmes au développement du sport. « Je sais ce que les femmes peuvent faire », a-t-il déclaré, soulignant que la quête de l’équité doit corriger les inégalités et remettre en question les stéréotypes qui contribuent à l’exclusion des femmes.

Pendant trois jours, des femmes aux parcours inspirants, des responsables sportifs, des représentants des fédérations, des athlètes et des partenaires ont partagé leurs expériences. Les travaux ont abouti à la validation du Plan d’action 2026-2028, structuré autour de cinq axes et trente actions, ainsi qu’à l’adoption de la Déclaration nationale de Bamako. Parmi les engagements majeurs figurent l’objectif d’atteindre au moins 30 % de femmes dans les instances dirigeantes au terme du prochain cycle électif, la création de budgets dédiés à la promotion du leadership féminin et la mise en place d’un mécanisme de suivi des engagements des fédérations.

 Un Plan d’action pour consolider une dynamique de progression

Ce Plan d’action cadre (2026-2028) fait office de feuille de route avec des initiatives immédiates programmées pour concrétiser les engagements pris. Le suivi s’articule autour de trois axes de déploiement prioritaires. D’abord, la sensibilisation des bureaux fédéraux : un plaidoyer direct sera mené auprès de chaque fédération affiliée au CNOSM afin d’intégrer des clauses de représentativité minimale des femmes lors des prochains renouvellements. Ensuite, la création d’un vivier de compétences, qui permettra de recenser et de cartographier les anciennes athlètes de haut niveau, arbitres et techniciennes maliennes pour leur proposer des formations accélérées en management du sport. Enfin, une collaboration accrue avec l’ACNOA pour aligner le Mali sur les meilleurs standards de gouvernance continentaux.

Parallèlement à ce nouveau plan triennal, la Commission continuera de s’appuyer sur ses actions de terrain traditionnelles pour maintenir la mobilisation. Des initiatives comme le « Parcours des Nyeleni », événement annuel phare, doivent continue à servir de plateforme de visibilité pour célébrer le leadership et la résilience des femmes. De plus, des sessions de démonstrations multisports (escrime, basket-ball, arts martiaux) et des marches sportives de mobilisation seront déployées pour sensibiliser le grand public et lever les réticences socioculturelles.

Le sport féminin au Mali s’inscrit ainsi dans une dynamique de progression notable, portée par des performances éclatantes sur la scène continentale et une volonté croissante de structuration institutionnelle. Si des progrès réels sont visibles sur les terrains, des défis persistent pour que les femmes occupent la place qui leur revient dans les comités exécutifs, les postes techniques et l’arbitrage. L’ambition est désormais double : élargir l’accès des filles à la pratique sportive et leur donner les moyens de participer pleinement à la gouvernance du mouvement. La création de la Commission « Femmes et Sport » de la zone 2 de l’ACNOA participe activement à cette synergie régionale.

En tout cas le CNOSM, sous l’impulsion de son président Habib Sissoko, n’a cessé de réaffirmerson engagement en faveur de l’inclusion. Avec déjà 38 % de représentativité féminine au sein de ses propres instances, le Comité olympique national montre l’exemple et possède l’autorité morale nécessaire pour inciter les fédérations nationales à suivre cette voie. Ce séminaire constitue donc une étape stratégique pour l’évolution du sport malien. Un premier bilan d’étape est attendu le 31 décembre 2026, avant une évaluation finale programmée en 2028.

Alphaly


En savoir plus sur FASSO ACTU

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *