Lors de deux reportages pour «Le Monde» en 2024 et 2025, le photographe a sillonné le pays où sévit l’une des pires crises humanitaires au monde, liée à la guerre civile. Il a reçu la prestigieuse récompense ce jeudi 9 avril.

Alhaja Abdallah, une femme déplacée originaire de Bara, montre les cicatrices qu’elle a gardées d’un incendie dans le camp d’Al-Mohad. El-Obeid, au Soudan, le 10 décembre 2025. (Abdulmonam Eassa)
Le célèbre prix du World Press Photo, dédié à la photographie de presse, a récompensé le photojournaliste franco-syrien Abdulmonam Eassa dans la catégorie «Stories», ce jeudi 9 avril. C’est son reportage «Guerre au Soudan, une nation prise au piège», réalisé en octobre 2024 et décembre 2025 pour le Monde, qui a été primé.
Abdulmonam Eassa, accompagné du journaliste Eliott Brachet, est parti sillonner le Soudan, où sévit l’une des plus graves crises humanitaires contemporaines. Après le soulèvement de 2019, qui a mis fin aux trente ans de dictature brutale d’Omar Al-Bachir dans le pays, la guerre – d’une violence inouïe – a éclaté en 2023 entre les Forces armées soudanaises (FAS) et le groupe paramilitaire des Forces de soutien rapide(RSF). D’un côté, les RSF sont accusées de massacres, de violences ethniques et de pillages systématiques, tandis que de l’autre, les FAS ont bombardé des villes qu’elles prétendent défendre, pointe le World Press Photo.

Un groupe de soldats traverse un marché endommagé dans la deuxième ville la plus peuplée du Soudan, théâtre de combats incessants depuis avril 2023. Omdurman, au Soudan, le 25 octobre 2024. (Abdulmonam Eassa)
Ce qui avait commencé comme un soulèvement populaire pour la démocratie et un pouvoir civil s’est transformé en une guerre brutale entre deux forces militaires, dont aucune ne représente les aspirations du peuple soudanais, explique encore le World Press Photo. En effet, les deux camps ont ciblé des civils et des infrastructures civiles. Ainsi, plus de 13 millions de personnes ont été déplacées et au moins 150 000 ont été tuées. L’accès à l’eau, à l’électricité et aux soins médicaux a largement disparu, tandis que huit millions d’enfants sont déscolarisés.
Le photographe Abdulmonam Eassa a parcouru ce pays dévasté, pour montrer les écoles transformées en camp de réfugiés voire en sites d’inhumation d’urgence, les morts et ceux qui les pleurent, l’université qui peine à poursuivre ses activités et les rues jonchées de gravats, retrace le Monde.
Source : Libération
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