Pendant plus de vingt ans, des milliers d’enfants éthiopiens ont été adoptés par des familles en France, par l’intermédiaire d’associations, alors que leur père, ou leur mère, était bien vivant. Devenus adultes, ils font face à un parcours du combattant pour connaître la vérité sur leur histoire.

Askale Mekonnen retrouve sa fille, Julie-Sara Foulon, à Dessié, dans la région d’Amhara, en Ethiopie, le 24 novembre 2025. MARCO SIMONCELLI
La voiture roule lentement sur la petite route de terre cabossée. Les secousses provoquent chez Julie-Sara Foulon un sentiment de déjà-vu. A 28 ans, la jeune femme revient pour la première fois à Dessié, sa ville natale, située dans la région Amhara, dans le nord de l’Ethiopie, depuis qu’elle en a été arrachée, enfant. Vingt-deux ans qu’elle n’avait pas foulé la terre qui l’a vue naître, ni revu sa mère biologique. Dans le petit salon de sa maison aux murs vert pastel, Askale Mekonnen, un châle blanc sur les épaules, prépare un café en chantonnant. Ses yeux en amande, où se dessinent quelques rides en coin, pétillent. Elle a retrouvé sa fille.
En 2003, alors mère célibataire dans une grande précarité, elle avait confié Julie-Sara et l’une de ses sœurs aux services sociaux de Dessié. « Pour moi, c’était temporaire, se souvient-elle. Ils allaient s’occuper d’elle quelques mois, le temps que ma situation s’améliore. Après plusieurs jours, on m’a proposé de les envoyer aux Etats-Unis, pour qu’elles aillent à l’école. J’ai accepté, à la seule condition qu’elles reviennent de temps en temps à Dessié, pour les vacances par exemple. C’était ce qui était convenu avec le foyer.
Source : Le Monde
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