Taiyuan (Chine), 16 juin 2026 – À l’occasion de l’avant-dernière journée du Séminaire sur la santé médicale destiné aux pays africains francophones, organisé dans la province chinoise du Shanxi, le Mali s’est distingué en présentant un modèle de santé communautaire qui a suscité l’admiration des participants et des experts présents.

Face à une question apparemment simple – « Comment soignez-vous votre peuple ? » – chaque délégation était invitée à exposer les fondements de son système sanitaire. Lorsque le tour du Mali est arrivé, l’assistance a découvert une expérience fondée sur la proximité, la participation citoyenne et l’accessibilité aux soins.
Prenant la parole au nom de la délégation malienne, le Dr Modibo Doumbia a présenté l’architecture du système de santé national, organisée selon une pyramide à trois niveaux dont la base repose sur les Centres de Santé Communautaire (CSCOM).
Selon lui, le Mali compte aujourd’hui 1 735 CSCOM gérés directement par les populations à travers les Associations de Santé Communautaire (ASACO). Ce modèle permet à une grande majorité des citoyens d’accéder à des soins de proximité, près de leur lieu de résidence.
Le deuxième niveau est constitué des Centres de Santé de Référence (CSRéf), tandis que les hôpitaux régionaux et les Centres Hospitaliers Universitaires (CHU) assurent la prise en charge des cas les plus complexes. Une organisation qui favorise une orientation progressive des patients et une meilleure utilisation des ressources sanitaires.
Au-delà de son organisation, le système malien a particulièrement retenu l’attention par sa politique d’accès aux soins. Le pays a mis en œuvre plusieurs mécanismes de gratuité ciblée destinés à réduire les inégalités sanitaires.
Parmi les mesures mises en avant figurent la gratuité des césariennes, la prise en charge des urgences et des blessés, l’accès gratuit aux traitements antirétroviraux pour les personnes vivant avec le VIH ainsi que la prise en charge du paludisme chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes.
Ces initiatives ont été présentées comme des réponses concrètes aux défis de santé publique auxquels sont confrontés de nombreux pays africains. Plusieurs participants ont salué une approche plaçant la protection des populations vulnérables au cœur des priorités nationales.
Les échanges ont montré que ce sont autant les résultats que la philosophie du système malien qui ont marqué les esprits. Malgré les défis sécuritaires et les crises sanitaires récurrentes, le Mali continue d’assurer la continuité des services essentiels de santé grâce à une forte implication communautaire et à une coordination renforcée des acteurs du secteur.
Les participants ont également relevé l’engagement des plus hautes autorités du pays en faveur du renforcement du système sanitaire, sous l’impulsion du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, et sous la conduite du ministre de la Santé et du Développement social, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré.
À l’issue de la présentation, un responsable chinois a résumé l’impression générale en soulignant que le Mali n’avait pas seulement exposé une organisation administrative, mais une véritable vision de la santé fondée sur la proximité avec les populations.
La délégation malienne a également mis en lumière plusieurs réformes engagées ces dernières années pour améliorer les performances du secteur. Parmi celles-ci figurent l’amélioration de la gouvernance hospitalière, la mise en place d’un système d’accréditation des hôpitaux et des laboratoires biomédicaux, ainsi que les progrès réalisés par des structures de référence telles que le Centre d’Infectiologie Charles Mérieux du Mali (CICM) et le Laboratoire National de la Santé (LNS).
Les coopérants chinois et les autres délégations ont également manifesté leur intérêt pour les États généraux de la santé, les plans de performance sectoriels et le programme présidentiel de développement hospitalier qui prévoit la construction et la modernisation de plusieurs infrastructures sanitaires à travers le pays.
Cette présentation remarquée à Taiyuan constitue une nouvelle reconnaissance des efforts entrepris pour renforcer l’accès aux soins au Mali. Elle confirme également l’intérêt croissant que suscite le modèle malien de santé communautaire auprès des partenaires internationaux, dans un contexte où de nombreux pays recherchent des solutions durables pour rapprocher les services de santé des populations.
À travers cette intervention, le Mali a démontré que la participation communautaire, l’équité dans l’accès aux soins et la volonté politique peuvent constituer les fondements d’un système de santé résilient et adapté aux réalités africaines.
Sory Diakité
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