Guinée: Législatives sur fond de contestation

La Guinée vient ainsi ce 31 Mai 2026 de franchir une nouvelle étape vers la fin de la transition tant souhaitée par les acteurs de la vie politique du pays, mais non sans susciter beaucoup de réserves sur le plan des libertés démocratiques. 

Faut-il le rappeler, les trois grands partis sur l’échiquier politique guinéen, à savoir l’UFDG de Cellou Dalein Diallo, l’UFR de Sidya Touré et le RPG d’Alpha Condé, ont tous été dissous, alors que le Président Doumbouya poursuivait patiemment la massification de son mouvement, face à des challengers de faible envergure.

Le double scrutin qui s’est déroulé 5 mois après la présidentielle a été un révélateur de ce que beaucoup d’observateurs craignaient, à savoir une situation identique au Bénin où la coalition au pouvoir a raflé tous les 109 postes de députés à l’Assemblée. On n’en est pas loin au regard des résultats certes provisoires, annoncés par la CEI. D’ailleurs, certains observateurs, qui ont eu à superviser ce double scrutin, ont des avis très controversés sur le déroulement du scrutin, notamment sur les irrégularités et les cas de corruption qui l’ont émaillé avant même la proclamation des résultats définitifs.

Le parti du Président Doumbouya, la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD), avec ses alliés, a en effet des scores écrasants malgré un taux de participation relativement faible si l’on en croit les chiffres de la CEI, qui donnent 52,87 % pour les législatives et 58,51 % pour les communales.

En effet, faut-il le rappeler, le GMD avait rallié officiellement sous sa bannière 5 formations politiques pour ces élections, à savoir : Forces des Intègres pour la Démocratie et la Liberté (FIDEL), l’Union pour la Démocratie et le Développement (UDD)l’Union pour le Mouvement Populaire (UMP), Nouveau Départ (ND), ainsi que le Rassemblement Guinéen du Travail (RGT).

Cela donne en effet une certaine crédibilité à sa victoire, néanmoins contestée par une partie de ses concurrents, qui, dès la proclamation des résultats le 12 juin, ont décidé d’introduire un recours auprès de la Cour suprême pour dénoncer un certain nombre d’« irrégularités » et notamment demander le recomptage à partir des procès-verbaux authentifiés ou l’annulation du scrutin et la tenue de nouvelles élections.

L’ampleur du score, presque proche de celui de la présidentielle, laisse peu d’espoir quant à l’issue du recours des 7 partis en lice que sont : le RPR, les Nouvelles forces démocratiques (NFD), Mouvement national pour le Développement (MND), Union pour la Nouvelle Guinée (UNG), Union pour la Défense des Intérêts Républicains (UDIR), Nouvel Engagement Citoyen (NIC) et L’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR).

En effet le mouvement Génération pour la modernité et le développement (GMD) de Mamadi Doumbouya et ses partis alliés remportent l’essentiel des 147 sièges à l’Assemblée nationale, et l’essentiel des 375 communes, y compris les grandes villes, alors que les partis d’opposition, comme le Front démocratique de Guinée (Frondeg) d’Abdoulaye Yéro Baldé, ou le Bloc libéral d’Oumar Sanoh, qui a succédé au Dr Faya Lansana Millimouno, devront se contenter d’un (1) siège chacun. Ils se sont d’ailleurs joints à la contestation des 7 autres partis.

Les tendances lourdes indiquent qu’on s’oriente vers des institutions monocolores, à moins que les recours introduits ne corrigent cette hégémonie écrasante du pouvoir, sans modifier substantiellement le résultat du scrutin.

Source : AllAfrica


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