Soins essentiels dans la communauté : le Mali mise sur les résultats de terrain pour renforcer la santé de proximité

La troisième édition des Journées nationales des Soins Essentiels dans la Communauté (SEC) a été officiellement lancée ce mardi à l’Institut National de Santé Publique (INSP), sous la présidence du ministre de la Santé et du Développement social, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré. Placée sous le thème : « De l’évidence à l’action : utiliser les résultats de terrain pour renforcer l’engagement des acteurs et l’amélioration des services de santé », cette rencontre de deux jours se veut un cadre d’évaluation, de partage d’expériences et de réflexion sur l’avenir des soins de santé communautaires au Mali.

Depuis l’adoption en 2009 de la stratégie des Soins Essentiels dans la Communauté, le Mali a fait le choix de rapprocher les services de santé des populations vivant dans les zones éloignées des centres de santé communautaires (CSCom). Cette approche repose sur le déploiement d’agents de santé communautaires (ASC) dans les localités situées à plus de cinq kilomètres d’un CSCom et comptant entre 700 et 1 000 habitants.

Au fil des années, ces acteurs de première ligne se sont imposés comme un maillon essentiel du système sanitaire national. Les chiffres présentés lors de cette troisième édition illustrent l’ampleur de leur contribution. En 2025, les ASC ont réalisé plus de 1,6 million de consultations curatives, soit près de 14 % de l’ensemble des consultations enregistrées dans le pays. Ils ont également pris en charge plus de 443 000 cas de paludisme et assuré la référence de plus de 48 000 patients vers les structures sanitaires appropriées.

Leur action ne se limite pas aux soins curatifs. Sur le plan préventif et promotionnel, près de 4,1 millions de personnes ont bénéficié d’activités de sensibilisation et d’accompagnement. Dans le domaine de la santé reproductive, plus de 100 000 femmes ont été nouvellement inscrites aux services de planification familiale, tandis que près de 65 000 nouveau-nés ont fait l’objet d’un suivi régulier et que près de 50 000 naissances ont été enregistrées.

Pour le ministre de la Santé et du Développement social, ces performances démontrent clairement le rôle déterminant des agents de santé communautaires dans l’atteinte des objectifs de la couverture sanitaire universelle. Elle a également souligné les avancées enregistrées en matière de transformation numérique du secteur. Selon elle, la digitalisation constitue désormais un levier majeur d’amélioration de la qualité des services de santé communautaires.

À cet effet, les données collectées par les ASC sont aujourd’hui numérisées à hauteur de 78,4 %, grâce notamment à l’utilisation de la plateforme DISC-Mali, adoptée par 3 758 agents de santé communautaires. Ce système permet une meilleure remontée de l’information sanitaire et son intégration avec le système national DHIS2, renforçant ainsi le suivi des indicateurs de santé et la prise de décision.

Les partenaires techniques et financiers ont salué les progrès accomplis. Intervenant au nom de la Banque mondiale, leur représentante a félicité le ministère de la Santé pour les résultats obtenus tout en rappelant que des défis importants demeurent, notamment en matière de réduction de la mortalité maternelle et néonatale. Selon elle, cette troisième édition des Journées nationales des SEC constitue une opportunité stratégique pour consolider les acquis et accélérer les réformes en faveur d’un accès équitable aux soins.

Même satisfaction du côté des organisations communautaires. Le président de la Fédération Nationale des Associations de Santé Communautaire (FENASCOM), Yaya Zan Konaré, a salué les efforts déployés pour rapprocher les soins des populations. Il a estimé que cette rencontre marque une étape importante dans le renforcement de la santé communautaire au Mali, avant de rappeler un objectif fondamental partagé par tous les acteurs du secteur : « Qu’aucune femme ne meure en donnant la vie et qu’aucun bébé ne meure en venant au monde. »

À travers cette troisième édition, les autorités sanitaires entendent ainsi transformer les enseignements tirés du terrain en actions concrètes, afin de renforcer davantage les soins de proximité et d’améliorer durablement les indicateurs de santé des populations maliennes. Dans un contexte marqué par des défis sanitaires persistants, l’expérience des Soins Essentiels dans la Communauté apparaît plus que jamais comme un pilier incontournable de la politique nationale de santé.

Sory Diakité


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