Il est des rendez-vous que les circonstances n’annulent pas. Elles les révèlent. Pour l’édition 2026 de l’Opération Ramadan, initiée chaque année par Moussa Mara, la Fondation malienne pour l’Entre aide et le Développement (FMED) a maintenu le cap. Malgré son incarcération, l’ancien Premier ministre a tenu à ce que les vivres parviennent aux plus vulnérables. Pas de déclaration tapageuse. Pas d’effet d’annonce. Des sacs de denrées, des enveloppes symboliques, et des gestes concrets.
Après un premier passage à la mosquée de Limama, l’équipe s’est rendue mardi 24 février à la mosquée de N’tomikorobougou. Sur place : Hamidou Doumbia, proche collaborateur de Moussa Mara, et l’imam Baba Niana. L’ambiance était sobre, presque recueillie. Les bénéficiaires n’étaient pas choisis au hasard. Une cinquantaine de personnes : gardiens de cimetière, chauffeurs de corbillard, agents chargés de la toilette mortuaire. Ceux qu’on voit peu. Ceux qu’on oublie vite.
« Le choix est symbolique », a expliqué Hamidou Doumbia. Symbolique, oui, mais surtout révélateur. « Ces personnes sont souvent mises de côté, notamment ceux qui lavent les corps. » Derrière la formule, une réalité sociale crue : ces métiers essentiels restent en marge des circuits habituels de solidarité.
L’imam Niana, après les mots de bienvenue du représentant des muezzins de Bamako, a élevé des prières pour la paix, la cohésion sociale et la poursuite des actions humanitaires en faveur des plus démunis durant le mois sacré. Une invocation particulière a retenu l’attention : un souhait formulé pour que Moussa Mara retrouve la liberté.
Dans l’assistance, Mamadou Sissoko, dit « Rougeot », n’a pas caché son émotion. Il parle d’une cérémonie devenue presque rituelle. Il remercie. Il bénit. Puis, à son tour, il exprime le vœu de voir le donateur sortir de l’épreuve. La scène n’avait rien de politique. Pourtant, tout y était profondément chargé de sens.
Les mosquées de Bamako ne sont qu’une étape. L’opération doit s’étendre à d’autres localités du pays au fil du Ramadan. La logistique suit son cours, discrètement. L’objectif reste le même : atteindre ceux qui ne demandent rien mais qui espèrent beaucoup.
Il y a, dans cette continuité malgré l’adversité, une ligne claire. Servir. Même empêché. Même contesté. Même loin des projecteurs.
M.S
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