Le Conseil national de Transition (CNT) a franchi une nouvelle étape dans le processus de réformes institutionnelles et économiques en adoptant, à l’unanimité, trois projets de loi jugés stratégiques pour le développement du pays. Réunis en séance plénière le mardi 30 juin 2026 au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sous la présidence du premier vice-président du CNT, l’Honorable Hamèye Founé Mahalmadane, les membres de l’organe législatif ont validé des textes portant sur la gestion des substances précieuses, le financement des services essentiels de santé et la constitution d’un stock national de sécurité des produits pétroliers.

Un Office malien des substances précieuses pour mieux encadrer le secteur minier
Le premier texte adopté concerne la ratification de l’Ordonnance n°2026-014/PT-RM du 10 avril 2026 portant création de l’Office malien des substances précieuses (OMSP). Le projet de loi a été approuvé par 120 voix pour, aucune contre et aucune abstention.
Présentant le texte devant les conseillers, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a indiqué que la création de cette structure constitue une réforme majeure destinée à assainir la filière aurifère et à renforcer la souveraineté économique du Mali. L’OMSP aura notamment pour missions de centraliser la commercialisation des substances précieuses, de sécuriser les flux financiers, de constituer une réserve nationale d’or et de promouvoir la transformation locale des ressources minières.
Selon les dispositions adoptées, l’Office devient l’unique entité habilitée à exporter l’or malien, avec pour ambition de mieux structurer l’ensemble de la chaîne de valeur du secteur.
Le président de la Commission des Mines et de l’Énergie du CNT, l’Honorable Assane Sidibé, a estimé que cette réforme s’inscrit dans la continuité des orientations engagées depuis l’adoption du Code minier de 2023 et contribuera à renforcer la lutte contre l’orpaillage anarchique ainsi que les atteintes à l’environnement.
Un financement pour garantir l’accès aux services essentiels de santé
Le CNT a également adopté, par 114 voix pour, le projet de loi portant ratification de l’Ordonnance n°2026-016/PT-RM du 10 avril 2026 relative à l’accord de financement du Projet d’accès d’urgence aux services essentiels au Mali, conclu le 1er avril 2026 avec l’Association internationale de développement (IDA).
Pour la ministre de la Santé et du Développement social, le Colonel-major Assa Badiallo Touré, ce financement permettra d’assurer la continuité des prestations sanitaires à travers l’approvisionnement en médicaments et autres intrants essentiels, la prévention des ruptures de stock, le maintien de la gratuité de certains soins ainsi que la maintenance des équipements médicaux lourds.
Le président de la Commission Santé du CNT, l’Honorable Aboubacar Sidick Fomba, a salué une approche qu’il considère comme une évolution vers un mécanisme de financement plus durable, privilégiant l’investissement dans le capital humain tout en renforçant les dispositifs de contrôle et de transparence dans la gestion des ressources.
Un stock national pour sécuriser l’approvisionnement en produits pétroliers
Enfin, les conseillers nationaux ont adopté à l’unanimité, par 123 voix pour, le projet de loi portant ratification de l’Ordonnance n°2026-013/PT-RM du 10 avril 2026 instituant un Stock national de sécurité de produits pétroliers liquides et gazeux.
En défendant ce texte, le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a expliqué que cette mesure vise à protéger le pays contre les risques de rupture d’approvisionnement liés aux crises internationales, aux tensions sécuritaires ou aux perturbations du marché énergétique.
Le projet prévoit la constitution de réserves couvrant 45 jours de consommation nationale, grâce à la construction d’infrastructures de stockage d’une capacité de 244 633 mètres cubes de produits pétroliers liquides (gasoil, supercarburant et Jet A1) ainsi que de 11 000 tonnes métriques de gaz butane.
L’investissement global est estimé à 360,739 milliards de francs CFA, dont 160 milliards consacrés aux infrastructures de stockage et 200 milliards destinés à la constitution des réserves stratégiques. Le dispositif sera financé par une taxe comprise entre un et deux francs CFA par litre de carburant consommé.
Des réformes au service des priorités nationales
Par ces différents votes, le Conseil national de Transition poursuit l’examen et l’adoption de réformes présentées comme essentielles par les autorités de la Transition. Qu’il s’agisse de mieux valoriser les ressources minières, de renforcer le système de santé ou de sécuriser l’approvisionnement énergétique, ces textes traduisent la volonté affichée de consolider les capacités de résilience de l’État et de renforcer sa souveraineté dans des secteurs jugés stratégiques pour le développement du Mali.
Sory Diakité
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