Retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger du Statut de Rome : la Présidence de l’Assemblée des États parties exprime sa préoccupation

La Haye, 1er juillet 2026 – La Présidence de l’Assemblée des États parties au Statut de Rome a réagi à la décision du Burkina Faso, du Mali et du Niger d’engager leur retrait du traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI). Dans un communiqué publié ce mercredi, l’organe dirigeant de l’Assemblée fait part de sa « préoccupation » et regrette une décision qu’il estime susceptible d’affaiblir les efforts internationaux en faveur de la lutte contre l’impunité.

Selon la Présidence, le retrait de ces trois États risque de compromettre la poursuite collective de la justice pénale internationale. Elle rappelle que la Cour pénale internationale occupe une place centrale dans le système mondial de responsabilité pénale et que son efficacité repose sur le soutien constant des États parties.

« La recherche de la justice se renforce par l’unité d’objectifs », souligne le communiqué, qui insiste sur l’importance de préserver la coopération internationale autour de la juridiction basée à La Haye.

Un appel au dialogue

La Présidence de l’Assemblée invite le Burkina Faso, le Mali et le Niger à reconsidérer leur position et à demeurer parties au Statut de Rome. Elle les encourage également à poursuivre leur participation aux travaux de l’Assemblée des États parties, rappelant que celle-ci constitue le cadre privilégié pour exprimer les préoccupations des États membres et engager un dialogue constructif sur les réformes éventuelles du système.

L’institution réaffirme que tous les États parties disposent du droit de soumettre leurs préoccupations et de contribuer aux débats relatifs au fonctionnement de la Cour.

Des obligations qui demeurent

Le communiqué rappelle par ailleurs qu’un retrait du Statut de Rome ne met pas automatiquement fin aux obligations juridiques découlant de la période durant laquelle un État était partie au traité. Les engagements pris avant la date d’effet du retrait continuent ainsi de produire leurs effets conformément aux dispositions du Statut.

La Présidence souligne également que le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont, au fil des années, contribué aux travaux de l’Assemblée des États parties et au soutien institutionnel apporté à la Cour pénale internationale en tant qu’instance judiciaire indépendante et impartiale.

L’Assemblée des États parties

Principal organe de gouvernance et de décision de la Cour pénale internationale, l’Assemblée des États parties est composée des représentants des États ayant ratifié ou adhéré au Statut de Rome. Elle est actuellement présidée par Païvi Kaukoranta, de la Finlande, assistée des vice-présidents Margareta Kassangana, de la Pologne, et Michael Kanu, de la Sierra Leone.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par la volonté affichée du Burkina Faso, du Mali et du Niger de redéfinir leurs relations avec certaines institutions internationales, une orientation qui s’inscrit dans la dynamique politique engagée par les trois pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES).

Sory Diakité


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