CITOYENNETÉ NUMÉRIQUE AU MALI : Trouver la meilleure stratégie pour mieux aider les jeunes à mieux utiliser Internet

L’exploration des liens entre jeunesse et numérique nécessite de préciser les termes employés. En effet les « jeunes » sont loin d’appartenir à un groupe homogène et leurs pratiques sont aussi diverses que celles des autres classes d’âge, toutes classes sociales confondues. Et ce n’est pas sans risques !

Les jeunes (ici entendus au sens large comme des personnes ayant entre 15 et 30 ans) rassemblent les mêmes disparités d’accès et de compréhension du numérique que leurs aînés et subissent également la fracture numérique. À l’heure du numérique, les jeunes sont de plus en plus connectés, se rendant chaque jour sur les réseaux sociaux, les plateformes de streaming ou les moteurs de recherche.

Mais cette hyperconnectivité s’accompagne de nouveaux défis : fake news, cyberharcèlement, surexposition aux écrans…  Comment éduquer en tant que citoyens du monde à cet espace virtuel, notamment pour apprendre à bien pratiquer ? De quoi dépend le numérique ? Des questions pertinentes quand on sait que tout contenu en ligne n’est pas fiable et que la désinformation prolifère à une vitesse alarmante. Éduquer les jeunes à la vérification des sources et au développement de leur esprit critique devient alors essentiel pour éviter la propagation des fausses informations.

Par ailleurs, la question du respect d’autrui en ligne, notamment de sa vie privée, est cruciale. Malheureusement, de nos jours, le cyberharcèlement touche de nombreux adolescents, avec des conséquences psychologiques graves. Sensibiliser à l’impact des paroles et aux risques liés au partage de données personnelles est ainsi une priorité pour construire un environnement numérique sain.

Au Mali, de nombreuses ressources existent pour accompagner les jeunes dans leur apprentissage du numérique. À commencer par exemple par des ateliers en milieu scolaire. Cela offre l’opportunité d’expliquer les mécanismes des fake news et d’apprendre à utiliser des outils de fact-checking. Des campagnes de sensibilisation sont aussi envisageables à travers des initiatives comme la Journée mondiale de lutte contre le cyberharcèlement qui offre l’occasion de mettre en lumière les bonnes pratiques pour un Internet plus sûr. Des plateformes comme « Vinz et Lou sur Internet » ou « Internet sans crainte » proposent également des contenus ludiques pour apprendre à naviguer en toute sécurité.

Former à devenir citoyens numériques, c’est aussi favoriser un usage positif du web. Il s’agit en l’occurrence de promouvoir des comportements bienveillants, de respecter l’autre en ligne et de contribuer à la création de contenus utiles. Il est judicieux de mieux armer les jeunes (enfants, adolescents et jeunes) pour participer à des débats en ligne, signaler des comportements toxiques ou protéger ses données personnelles afin de faire du numérique un espace d’échanges et de partage.

Macky Cissé Consultant indépendant


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