À l’occasion de l’An 3 du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le président de la République du Niger a accordé une interview à la télévision publique nigérienne samedi dernier, 25 juillet 2026. En plus des questions d’intérêts nationaux, le Général d’armée Abdourahamane Tiani est revenu sur les attaques terroristes simultanées qui ont visé le Mali le 25 avril 2026 en indexant comme complices certains voisins de notre pays, notamment la Côte d’Ivoire et la Mauritanie qui ont agit avec le soutien de la France.

« Le Mali a fait l’objet d’une attaque sauvage le 25 avril. Cette attaque a été conduite avec la complicité de pays africains voisins du Mali », a révélé le président de la République du Niger, Général d’armée Abdourahamane Tiani, lors d’une grande interview accordée à la télévision publique nigérienne samedi dernier, 25 juillet 2026. C’était à l’occasion de la Journée nationale de la souveraineté et du patriotisme, ainsi que de l’An 3 du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP).
« Ils ont attaqué le Mali sur trois axes. Un premier axe est parti du nord du Bénin, en passant par notre Gourma, au Burkina Faso. Trois colonnes devaient faire jonction pour aller attaquer soit Gao, soit Sévaré. Un autre axe est parti de la Côte d’Ivoire. Il y a une forêt où les Ukrainiens viennent former ces mercenaires. Le troisième axe est venu de la Mauritanie. Vérifiez sur toutes ces positions que je viens de citer. Dans tous ces pays, il n’y a pas de forces militaires françaises officiellement à l’œuvre. En revanche, les services français y sont présents », a précisé le chef de l’État nigérien.
« Les sept ou huit attaques simultanées qui se sont produites au Mali le 25 avril 2026 sont venues de ces trois axes. Les Français vont vous dire qu’ils ont quitté la Côte d’Ivoire, mais c’est une chimère… Le 30 mars 2026 encore, ils y ont formé des personnes à l’utilisation des drones, notamment des drones kamikazes », a souligné le président du Niger. « Ces derniers (mercenaires) atterrissent en Côte d’Ivoire avec des visas de visite qu’ils obtiennent dans un pays voisin de l’Ukraine, dont je tairai le nom, avec pour destination la Côte d’Ivoire… Tous ces terroristes sont formés dans une forêt en Côte d’Ivoire », a indiqué le Général Tiani.
« Avant d’attaquer le Mali, il y a eu du mouvement au centre d’instruction d’Akakro (un camp d’entraînement de la Garde républicaine ivoirienne à côté de Bingerville). Les gens n’ont qu’à consulter le registre du 15 au 22 avril, ainsi que le matériel qui est sorti de ce centre d’instruction. Ils viendront ensuite nous donner la réponse. Qu’a-t-on fait croire aux soldats ivoiriens ? On les a mis en alerte en disant que le Burkina Faso allait les attaquer. C’était simplement pour couvrir une manœuvre », a révélé le chef de l’État nigérien.
Et de poursuivre : « C’est ce qui me convainc que les autorités ivoiriennes sont au courant de tout ce qui se trame contre le Mali, contre le Niger et contre le Burkina Faso. Mais nous avons d’autres preuves, notamment des réunions et des budgets de plusieurs millions de dollars. Le moment venu, si l’occasion nous est offerte, nous confronterons ceux qui affirment que ce que nous disons n’est que balivernes ».
« Les défis sont énormes et l’adversité est irrationnelle. Emmanuel Macron (le chef de l’État français) est devenu fou. Il faut que les Africains comprennent que la France n’est l’amie de personne. De Gaulle l’a d’ailleurs dit : La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts ! Toi, petit Africain, tu vas croire le contraire parce que tu te considères comme l’ami des Français. Il faut que les hommes soient rationnels et lucides », a souligné le Général Tiani en appelant le peuple de la Confédération AES à la prise de conscience.
« Nous faisons face à une adversité et à un acharnement de l’Europe, qui soutient de manière consciente Emmanuel Macron, puisque l’Europe voit ce qui se passe et sait que, derrière tout cela, il y a la France. Mais, comme les intérêts sont convergents et que, de toute façon, ce sont des peuples africains qui seront massacrés, cela ne leur dit rien. Pour eux, ce n’est qu’une question de pertes et de profits. Mais nous avons dit que c’était fini, et c’est fini », a-t-il déclaré.
N’empêche que les ennemis de nos États ne l’entendent pas de cette oreille et ils ne vont pas certainement baisser les bras dans leurs manœuvres de déstabilisation. « Le combat que nous menons est une lutte de longue haleine. L’adversité à laquelle nous faisons face ne va pas s’estomper de si tôt ni simplement par une prise de conscience de quelqu’un qui n’a pas de conscience. Il faut que nous en soyons convaincus. Ne nous laissons plus manipuler car, malheureusement, c’est bien ce qui se passe. Tous ces mercenaires qu’ils utilisent ne sont que le résultat d’une pure manipulation », a conclu le Général d’armée Abdourahamane Tiani.
Il faut rappeler que, le 25 avril 2026, notre pays a eu à faire face à des attaques terroristes coordonnées visant plusieurs localités stratégiques comme Bamako, Kati, Sévaré, Mopti, Gao, Bourem, Kidal, Anefis… Malgré la riposte énergique de nos vaillantes Forces de défense et de sécurité (FDS), elles ont occasionné des pertes en vie humaine, notamment le Général Sadio Camara (ministre d’État, ministre de la Défense et des Anciens combattants), qui a succombé à ses blessures après un attentat-suicide au véhicule piégé ayant visé sa résidence.
La rédaction
En savoir plus sur FASSO ACTU
Subscribe to get the latest posts sent to your email.