La Guinée a engagé une démarche auprès de la France afin d’obtenir la restitution d’objets et d’archives liés à Samory Touré, figure emblématique de la résistance ouest-africaine face à la colonisation française. Conservés au musée de l’Armée, ces biens sont considérés par Conakry comme une composante essentielle du patrimoine national et un témoignage majeur de l’histoire du pays.
Selon Burkina24, le ministère guinéen de la Culture a présenté, à la mi-juin 2026, à son homologue français une demande officielle portant principalement sur des manuscrits et des objets liés à l’histoire de la résistance contre la colonisation. Cette requête est portée par le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, qui a conduit une délégation aux Invalides en juin 2026.
Le ministre a insisté sur la nécessité d’aborder cette question dans un esprit de dialogue plutôt que de confrontation. Il privilégie une diplomatie culturelle fondée sur le respect mutuel, tout en soulignant qu’un important travail de recherche reste nécessaire, de nombreuses pièces guinéennes demeurant encore dispersées et non répertoriées dans des collections étrangères.
Cette démarche n’est toutefois pas inédite. En 1968, Ahmed Sékou Touré, premier président de la Guinée indépendante, avait déjà sollicité auprès de la France le retour du Coran, du sabre et du boubou de Samory Touré à l’occasion du dixième anniversaire de l’indépendance du pays.
L’initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de demandes de restitution d’œuvres et de biens culturels africains conservés dans des musées et institutions européennes. Depuis plusieurs années, plusieurs États du continent plaident pour le retour de pièces emportées durant la période coloniale, estimant qu’elles doivent retrouver leur place dans les lieux de mémoire et de transmission africains.
Pour Conakry, la restitution de l’héritage de Samory Touré revêt une dimension à la fois historique et mémorielle. Le retour de ces objets contribuerait à mieux valoriser son parcours, à préserver la mémoire de cette figure de la résistance africaine et à transmettre son héritage aux générations futures.
Les échanges entre les autorités guinéennes et françaises portent désormais sur les modalités d’un éventuel retour de ces biens. Les discussions devront notamment préciser le cadre juridique, technique et institutionnel d’une telle restitution.
Cette démarche intervient alors que plusieurs pays africains ont déjà obtenu le retour de pièces culturelles et historiques à l’issue de négociations avec des institutions européennes. Ces précédents alimentent le débat international sur la restitution du patrimoine africain et encouragent de nouvelles revendications.
Les autorités guinéennes espèrent parvenir à un accord avec la France afin de rapatrier ces objets, considérés comme des symboles majeurs de l’identité nationale et de la mémoire collective. Au-delà de leur valeur patrimoniale, ces archives et artefacts rappellent le rôle de Samory Touré dans la résistance à la colonisation et constituent un héritage historique destiné à être transmis aux générations futures.
Source : AllAfrica
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