ARGASC : le Mali renforce le dispositif de gestion des avoirs saisis et confisqués

Bamako, 6 août 2026 – La gouvernance des avoirs issus de la criminalité économique et financière entre dans une nouvelle phase au Mali. Réuni jeudi à Bamako pour sa troisième session, le Conseil d’administration de l’Agence de Recouvrement et de Gestion des Avoirs Saisis ou Confisqués (ARGASC) a engagé plusieurs chantiers destinés à renforcer l’efficacité et l’ancrage institutionnel de l’agence.

La session a été ouverte par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, également président du Conseil d’administration. Les travaux doivent notamment porter sur les rapports d’activités et financier de l’exercice 2025, ainsi que sur plusieurs projets structurants concernant l’organisation, l’organigramme et le recrutement au sein de l’ARGASC.

Au-delà de l’examen de ces documents, cette session intervient dans un contexte de renforcement du dispositif national de lutte contre la corruption, le blanchiment de capitaux, la criminalité économique et financière et la délinquance organisée.

Dans son discours d’ouverture, Mamoudou Kassogué a insisté sur la nécessité d’adapter le fonctionnement et les textes de l’Agence aux évolutions récentes du cadre juridique malien. Il a notamment évoqué le nouveau Code de procédure pénale ainsi que les dispositions relatives à la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

Le ministre a rappelé le rôle stratégique du Conseil d’administration, chargé de définir les grandes orientations de l’Agence et de créer les conditions nécessaires à la bonne exécution de ses missions.

Cette adaptation apparaît d’autant plus importante que l’ARGASC est appelée à jouer un rôle central dans la récupération, la conservation et la gestion des biens saisis ou confisqués dans le cadre des procédures judiciaires.

La session a également été marquée par l’installation de deux nouveaux membres au sein du Conseil d’administration : Cheickna Amala Diallo, Directeur général des Douanes, et Modibo Sacko, président de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI).

Ils succèdent respectivement à Amadou Konaté et Idrissa Mahamar Haïdara, dont le ministre de la Justice a salué les contributions aux travaux de l’Agence.

Cette recomposition intervient alors que les autorités souhaitent renforcer la coordination entre les différentes structures engagées dans la lutte contre les infractions économiques et financières.

Le Conseil d’administration devra également examiner les propositions visant à améliorer l’organisation et les capacités opérationnelles de l’ARGASC. Le projet d’organigramme et le plan de recrutement figurent ainsi parmi les principaux dossiers inscrits à l’ordre du jour.

Pour le Garde des Sceaux, ces réformes doivent permettre à l’Agence de moderniser ses outils de gestion et de consolider son rôle dans la récupération des produits issus de la criminalité économique et financière.

L’enjeu dépasse ainsi la seule gestion administrative de l’Agence. Il s’agit de garantir que les biens saisis ou confisqués dans le cadre des procédures judiciaires soient gérés de manière transparente et efficace, tout en permettant à l’État de préserver ses intérêts.

À travers cette troisième session, l’ARGASC entend donc consolider son dispositif institutionnel et accroître son efficacité. Un objectif qui s’inscrit dans la volonté affichée des autorités maliennes de renforcer la lutte contre la criminalité économique et de faire de la récupération des avoirs un levier supplémentaire de protection des intérêts publics.

Sory Diakité


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