INTEGRATION D’EX-COMBATTANTS : Les Généraux El Hadj Ag Gamou et Ould Meydou, des références à suivre

Même s’il suscite un nouvel espoir de réconciliation, ce processus DDR-I soulève toutefois des interrogations quant au contrôle des antécédents des recrues et à la transparence des affectations. 

Des craintes existent naturellement sur le profil de certains ex-combattants intégrant l’armée régulière, en raison d’accusations passées de violations des droits humains. Tout comme le manque de détails fournis par les autorités sur les enquêtes de moralité et les critères précis de sélection des candidats sont aussi une source d’interrogations. Des interrogations compréhensives d’autant plus la désertion de certains combattants intégrés renvoie aux défis historiques et récurrents du processus de désarmement, démobilisation, réinsertion et intégration (DDR-I). Ainsi, la plupart des observateurs remettent en question la sincérité de l’intégration. En effet, tous les intégrés n’ont pas le sens du devoir et l’amour de la patrie d’un Général de division El Hadj Ag Gamou, ou encore de OULD Meydou ci-devant gouverneur des régionsstratégiques de Kidal et Taoudenit. Des dignes et légitimes fils du Mali intégrés suite aux accords de paix de 1996.

L’un des plus célèbres de ces déserteurs a sans doute été Ba Ag Moussa ou Ibah Ag Moussa dit Bamoussa Diarra ou Bamoussa tué par les forces françaises le 10 novembre 2020 près de Tadamakat dans la région de Ménaka. Facilitateur supposé entre Iyad Ag Ghali et Amadou Koufa, il était impliqué dans de nombreuses attaques meurtrières contre les FAMa, notamment dans le centre du pays. Et ces derniers mois, on a assisté à des désertions au profit de l’alliance FLA/JNIM.

N’empêche qu’on peut être aussi optimiste car ce processus, lancé le 20 novembre 2025, est la première expérience menée exclusivement par l’État depuis la fin de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali et le retrait de la MINUSMA. Cette étape initiale vise deux mille ex-combattants issus du nord et du centre, dans un contexte de réorganisation institutionnelle engagée depuis 2024.

La nouvelle phase du DDR-I au Mali marque ainsi une évolution notable par rapport aux mécanismes appuyés par la mission onusienne, dont le retrait s’est achevé le 31 décembre 2023 avant l’annonce officielle de la caducité de l’Accord d’Alger le 25 janvier 2024. La Commission nationale de DDR-I, ainsi que la Commission nationale d’intégration, ont été réformées à travers des décrets publiés en juin 2024. Elles élargissent leurs prérogatives à l’ensemble du territoire et redéfinissent les modalités d’intégration et de réinsertion.

La cohorte engagée s’inscrit dans une approche graduelle, alors que les années précédentes avaient vu émerger des projets évoquant l’intégration de 26 000 ex-combattants en deux séquences de 13 000. Selon des observateurs, « la réduction du périmètre initial permet de tester la capacité » des structures nationales à conduire un programme étendu sans appui opérationnel extérieur, dans un environnement institutionnel remanié et sur un champ géographique qui couvre Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal, Ménaka et Taoudénit.

Le déploiement de cette phase mobilise les administrations locales, les autorités traditionnelles et les représentants de groupes armés ou d’autodéfense éligibles, qui participent aux opérations d’identification, de sensibilisation et d’orientation. Cette inclusivité est considérée comme « un élément structurant du dispositif », en raison de leur ancrage territorial et de leur rôle dans la coordination avec les communautés.

Hamady Tamba


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