Choisir, c’est préférer une option parmi plusieurs ; c’est exercer cette liberté fondamentale de décider. Qu’il s’agisse de privilégier un parcours professionnel, d’opter pour une orientation de vie ou d’arbitrer entre deux opportunités, disposer du choix implique l’exercice plein et entier du libre arbitre. À l’inverse, l’expression « ne pas avoir le choix »traduit la contrainte, le sentiment d’impasse. Pourtant, c’est précisément le choix qui façonne l’existence. Même le refus de choisir constitue, en soi, une décision. La grande équation réside dans la capacité à identifier l’option susceptible d’améliorer le quotidien et de bâtir un avenir serein.
Face à la grande énigme du lendemain, disposons-nous toujours d’une totale marge de manœuvre ? Pas nécessairement. Certaines réalités s’imposent d’emblée : nul ne choisit ses parents ni son pays de naissance, même s’il demeure possible de changer de nationalité. L’on naît au sein d’une communauté musulmane, chrétienne ou animiste, mais y demeurer relève d’un choix personnel, quoique guidé généralement par l’éducation reçue. Et pour qui croit au destin, la question persiste : nos décisions nous appartiennent-elles réellement ? À cette interrogation, un penseur répondait : « On ne peut pas tout choisir dans la vie ; le seul choix qui vaille, c’est d’aller de l’avant et de ne jamais abandonner. »
Des nuances de l’arbitrage aux pièges de la jeunesse
L’exercice du choix revêt des nuances décisives. Entre deux itinéraires acceptables, l’individu conserve son pouvoir d’agir sans contrainte extérieure. C’est « l’embarras du choix ». Mais lorsque la situation se dégrade, la palette se réduit : choisir « entre la peste et le choléra » revient à trancher entre deux maux, tandis que « ne plus avoir le choix » marque l’obligation d’emprunter la seule issue disponible. Aujourd’hui, une part considérable de la jeunesse se retrouve précisément acculée par ce troisième cas de figure après avoir épuisé ses cartouches. Dans nos sociétés contemporaines, la « seconde chance »accordée par les familles et les institutions reste rare après une erreur de parcours.
Les pièges qui guettent la jeunesse sont pourtant nombreux : l’illusion du gain facile, la quête d’enrichissement rapide via la cybercriminalité, les jeux de hasard ou l’économie informelle illégale, au détriment des études et du travail honnête. S’y ajoutent la dépendance aux écrans, la tyrannie des réseaux sociaux, la procrastination, ainsi que l’adoption de comportements à risque (drogues, alcool, délinquance…) sous la pression du conformisme social.
L’anecdote de cet adolescent surpris à dérober des marchandises dans la boutique de son frère pour les revendre à vil prix, justifiant son geste par un laconique « j’aime le luxe », illustre ce basculement. Rechercher le plaisir immédiat et vivre dans le mirage d’une fausse opulence condamne à l’incapacité de planifier un avenir financier, professionnel ou familial solide, fondé sur le travail rigoureux.
L’engrenage des dérives et l’urgence de la reconstruction
Les conséquences des mauvais choix ne sont pas simplement passagères ; elles s’inscrivent dans la durée. Sur le plan sanitaire, les addictions laissent des séquelles physiques et psychologiques irréversibles. Sur le plan social, le risque de marginalisation est immédiat : perte de confiance des proches, rupture des solidarités familiales et compromission irrémédiable de l’avenir en raison d’un casier judiciaire lourd. Sans qualification technique ou académique, le jeune s’expose au chômage chronique et à la précarité.
Pour sortir de cet engrenage, le meilleur choix consiste d’abord à s’entourer de personnalités inspirantes, résilientes et bienveillantes. À défaut d’un parcours scolaire linéaire, il incombe aux parents et aux tuteurs de veiller à l’apprentissage d’un métier qualifiant, de favoriser les formations professionnelles et de substituer aux distractions stériles des routines constructives axées sur des objectifs clairs.
Au-delà du cadre familial, une réponse institutionnelle et républicaine s’impose. À cet égard, l’initiative menée au Burkina Faso mérite une attention particulière : l’Immersion Patriotique Obligatoire (IPO). Mobilisant cette année plus de 65 000 nouveaux bacheliers (du 27 juillet au 26 août 2026), ce programme s’affirme comme un prolongement de la cellule familiale. Il vise à éveiller les valeurs civiques, le sens du devoir et l’amour de la patrie. En forgeant des citoyens conscients et respectés, une telle démarche inculque aux jeunes générations la dignité, la responsabilité et la capacité à opérer des choix éclairés face aux défis du siècle.
Puisse le Créateur nous accorder l’intuition et la sagesse de toujours faire les bons choix !
Moussa Bolly
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