Intégration régionale : le Comité interparlementaire de l’UEMOA clôt sa 57e session à Bamako avec une série de recommandations

La salle avait lentement retrouvé son calme ce samedi 14 mars à Bamako. Après plusieurs jours d’échanges et de lectures minutieuses de documents techniques, les parlementaires du Comité interparlementaire de l’UEMOA ont mis un terme à leur 57e session ordinaire. À la sortie : un paquet de recommandations adressées directement à la Commission de l’UEMOA, chargée de piloter l’action communautaire.

Les discussions se sont concentrées sur le rapport annuel 2025 de la Commission, un document scruté ligne par ligne par les députés communautaires. La session était dirigée par le président par intérim du Cip, Fononna Cheick Ahmed Coulibaly, qui a supervisé les travaux jusqu’à leur clôture.

Premier point de vigilance : la discipline budgétaire au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine. Les parlementaires ont demandé à la Commission d’intensifier ses efforts pour amener les États membres à respecter les critères de convergence macroéconomique. Derrière cette formule technique se joue une question très concrète : éviter les déséquilibres financiers entre pays qui pourraient fragiliser l’ensemble de l’espace monétaire.

Les élus communautaires ont aussi insisté sur la transformation numérique des administrations fiscales. Plusieurs délégations ont souligné les lenteurs qui persistent encore dans certains systèmes nationaux. D’où l’appel à accélérer la dématérialisation des procédures fiscales afin de réduire les formalités et rendre les échanges économiques plus fluides entre États membres.

Autre sujet soulevé au cours des débats : l’investissement transfrontalier. Les parlementaires encouragent la Commission à favoriser les projets impliquant plusieurs pays de l’Union, notamment dans des secteurs jugés stratégiques. L’objectif est clair : créer des synergies régionales et éviter que chaque État développe isolément des infrastructures ou des programmes similaires.

Sur le terrain de la libre circulation, le Cip souhaite voir avancer un projet précis : la plateforme d’alerte destinée à signaler les obstacles rencontrés par les citoyens ou les opérateurs économiques aux frontières. Dans le même esprit, les parlementaires demandent une diffusion plus large de la plateforme d’échange des certificats d’origine électroniques de l’UEMOA, connue sous l’appellation E-CO. Le système existe déjà, mais son utilisation reste inégale d’un pays à l’autre ; les députés recommandent donc un accompagnement technique pour pousser les administrations nationales à l’adopter réellement.

Les frontières ont d’ailleurs occupé une place centrale dans les discussions. Plusieurs interventions ont rappelé les files de camions et les contrôles successifs qui ralentissent encore le commerce régional. Les parlementaires proposent de généraliser les postes de contrôles juxtaposés ces installations où les services de deux États travaillent dans le même espace afin de réduire les arrêts multiples et accélérer les passages.

La question de l’impact local des grands projets financés via les partenariats public-privé a également été abordée sans détour. Les parlementaires souhaitent que ces contrats incluent désormais un seuil minimal de 30 % de sous-traitance confiée aux entreprises nationales. Une mesure pensée pour permettre aux petites et moyennes entreprises de profiter concrètement des investissements structurants et pour favoriser le transfert de savoir-faire.

Avant de lever la séance, les membres du Cip ont adopté une motion spéciale adressée au président de la Transition malienne, le Général d’armée Assimi Goïta. Le texte salue son engagement en faveur de l’intégration sous-régionale ainsi que ses efforts dans la consolidation du processus communautaire et la recherche de la paix au sein de l’espace UEMOA.

La session se referme donc sur un ensemble de propositions précises. Reste maintenant l’étape décisive : leur traduction dans les politiques menées par la Commission et les États membres. Dans l’espace UEMOA, l’intégration se joue souvent dans les détails un poste frontalier mieux organisé, une plateforme numérique utilisée, une PME locale associée à un chantier régional. Parfois, ce sont ces ajustements concrets qui font réellement avancer l’Union.


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