« Le Mali peut-il lancer son premier tramway à Bamako ? » ! C’est la question qui semble tarauder l’esprit de notre collaborateur extérieur (consultant indépendant). Pour lui et de nombreux autres observateurs, c’est plus que jamais une nécessité pour hisser le Mali Kura dans une ère de modernité dès son avènement. Nous vous proposons ici sa réflexion.
Il est urgent d’ouvrir le premier chantier de tramway de l’histoire du pays afin de désengorger la capitale, de créer des emplois et d’entrer dans une ère de modernité. En effet, Bamako compte aujourd’hui plus de 3 millions d’habitants. Cela se traduit par des heures (4 heures selon certains usagers) perdues par jour dans les embouteillages. Sans compter une pollution qui étouffe et des coûts de transport qui ne cessent d’exploser au gré du prix des hydrocarbures.
La meilleure solution à cette équation est de réaliser au moins 3 lignes de tramway 100 % électrique sur 35 km. Ainsi la « ligne bleue » (environ 12 km) va conduire de l’aéroport international président Modibo Kéita (Sénou) à l’ACI 2000 en passant par Badalabougou. La seconde, la « ligne verte » (11 km), va de Sabalibougou au Grand Marché en passant par Magnambougou. Et la dernière, la « ligne jaune », va de Torokorobougou à l’Hippodrome en passant par le Pont Fahd sur 12 km. Au total, le projet pourra comporter 40 stations ouvertes à 300 000 passagers par jour avec 5 minutes d’attente maximum.
Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence : on ne peut plus développer Bamako avec des Sotrama et des bus ! Le tramway, c’est le seul moyen de transporter massivement et proprement. Ce que nous évoquons ici n’est pas qu’un projet de transport. C’est un projet économique avec un chantier qui va générer 8 000 emplois directs (maçons, soudeurs, conducteurs, agents de sécurité, techniciens de maintenance…). Et la priorité sera donnée aux jeunes Maliens formés aux métiers du rail. En dehors des enjeux économiques, le profit environnemental est indéniable. En réduisant la fumée noire des tuyaux d’échappement, les rames électriques permettront de réduire de 50 % la pollution sur les axes desservis.
Notre planning initial était que l’étude de faisabilité et la recherche de financement soient faites avant la fin de cette année afin que les travaux de la première ligne (Sénou-Badalabougou-ACI 2000) puissent être lancés l’année prochaine et mise en service en 2030. Le financement envisagé (300 milliards FCFA) peut être mobilisé dans une dynamique Partenariat public-privé (PPP) avec l’apport de la BAD, de la Banque mondiale…
Avec le Sénégal et son TER, et la Côte d’Ivoire et son métro, le Mali ne doit pas rester à la traîne. Le tramway de Bamako sera le symbole d’une capitale qui bouge, qui respire et qui pense à ses citoyens. On peut même envisager l’extension de cette initiative à certaines capitales régionales comme Sikasso, Ségou, Bougouni, Kayes, Ségou et Mopti. Il faut anticiper pour que, dans 10 ans, ces villes ne soient pas confrontées aux mêmes problèmes auxquels Bamako fait face aujourd’hui.
Macky Cissé Consultant indépendant
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