Dans les cercles de Bandiagara, Douentza et Mopti, des distributions ont eu lieu ces derniers jours. Pas de kits visibles ni de convois imposants. Cette fois, il s’agit de transferts en espèces. Save the Children a ciblé 1 200 ménages, avec un montant fixé à 40 000 FCFA par famille.

Sur place, les bénéficiaires ne forment pas un groupe homogène. On y trouve des déplacés internes installés parfois depuis plusieurs mois, des réfugiés, mais aussi des familles hôtes qui absorbent une partie de la pression. Dans certains quartiers de Mopti ou villages de Douentza, plusieurs foyers vivent désormais sous le même toit. Les dépenses suivent la même logique : elles s’additionnent, sans que les revenus ne suivent.
L’argent distribué sert à des choses très précises. Achat de sacs de riz ou de mil, paiement de cahiers pour les enfants, parfois règlement de frais liés à la scolarité. Dans certains cas, il permet simplement d’éviter un retrait de l’école faute de moyens immédiats. Ce sont ces décisions-là, prises au niveau des ménages, que l’intervention cherche à influencer.
Le programme s’inscrit dans une deuxième phase de soutien à l’éducation en situation d’urgence. Derrière, le financement vient de Education Cannot Wait, avec un appui opérationnel de UNICEF Mali. Sur le terrain, cela se traduit par un dispositif qui privilégie la rapidité : identification des ménages, validation des listes, puis transfert.
Le choix du cash n’est pas neutre. Il évite certaines lourdeurs logistiques, mais surtout, il laisse aux familles la décision sur l’utilisation. Dans un contexte où les besoins changent d’une semaine à l’autre, cette souplesse compte. Une famille peut prioriser la nourriture, une autre les dépenses scolaires. Le mécanisme s’adapte à ces réalités.
Dans les zones concernées, les interruptions de scolarité sont fréquentes. Parfois liées à l’insécurité, parfois à des raisons économiques plus directes. Quand il faut choisir entre manger et acheter des fournitures, le calcul est vite fait. Ce type d’appui vient précisément se glisser dans cet intervalle.
Ce n’est pas une solution durable à elle seule. Mais pour ces 1 200 ménages, c’est un levier immédiat. Suffisant, dans certains cas, pour maintenir un enfant sur les bancs de l’école quelques semaines de plus. Parfois davantage.
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