Le Conseil de la nation, chambre haute du Parlement algérien, a approuvé dimanche 25 octobre 2026 l’envoi d’un détachement militaire au Niger, dans le cadre de la protection d’installations énergétiques algériennes. Cette décision constitue une évolution importante de la politique de défense d’Alger, historiquement attachée au principe de non-intervention militaire au-delà de ses frontières.
Selon plusieurs médias, dont l’Agence France-Presse, 148 sénateurs sur les 174 membres du Conseil de la nation ont voté en faveur de cette mesure lors d’une séance à huis clos. Au moment des dernières informations disponibles, l’Assemblée populaire nationale, la chambre basse, devait encore se prononcer.
D’après les informations rapportées par des médias algériens, le détachement envisagé doit contribuer à sécuriser des projets pétroliers de la compagnie publique Sonatrach au Niger, à la demande des autorités nigériennes. Les effectifs de cette unité et la date de son éventuel déploiement n’ont pas été précisés dans les informations consultées.
Cette initiative intervient après la signature, le 21 octobre, d’un protocole de coopération militaire entre Alger et Niamey, à l’occasion de la visite en Algérie du ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Mody. Les deux pays cherchent notamment à renforcer leur coopération sécuritaire et leurs échanges dans la lutte contre le terrorisme.
La Constitution algérienne prévoit, à son article 91, la possibilité pour le président de la République d’envoyer des unités militaires à l’étranger, sous réserve de l’approbation des deux chambres du Parlement à la majorité des deux tiers. L’approbation du Conseil de la nation constitue donc une étape de la procédure, mais ne suffit pas, à elle seule, à confirmer que toutes les conditions institutionnelles sont remplies.
Fin août, l’Algérie avait déjà annoncé l’envoi de chasseurs Su-30 à Niamey, à la demande des autorités nigériennes, après des troubles que le pouvoir algérien avait présentés comme une tentative de déstabilisation. Le président Abdelmadjid Tebboune avait ensuite confirmé cette intervention aérienne.
Le vote du Parlement intervient ainsi dans un contexte de rapprochement entre les deux pays voisins. Si la procédure est menée à son terme, le déploiement envisagé marquerait une nouvelle étape dans l’engagement militaire extérieur de l’Algérie, cette fois pour protéger des intérêts économiques et énergétiques au Niger.
Sory Diakité
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