La Journée mondiale de l’alimentation 2026 a été célébrée le 16 octobre dernier au Mali, comme chaque année à la date anniversaire de la création de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Elle a été couplée à la Journée internationale de la femme rurale (célébrée le 15 octobre) et marquée par des événements majeurs organisés dans des pôles agricoles clés, à l’instar de Baguinéda (cercle de Kati, région de Koulikoro) qui a accueilli la cérémonie officielle. Cette commémoration a mis en exergue les efforts conjugués de l’État, du Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA), des agences du Système des Nations unies (FAO, PAM, FIDA) et des organisations locales comme la Fédération nationale des femmes rurales (FENAFER).

Le Mali a célébré cette édition 2026 de la Journée mondiale de l’alimentation autour du thème : « Innover aujourd’hui pour nourrir demain ». Organisée à Baguinéda, la manifestation s’est articulée autour de plusieurs axes et engagements concrets. Ainsi, face à une période de soudure difficile ayant touché plus de 1,5 million de personnes au Mali, les autorités ont rappelé le déploiement d’un Plan national d’urgence doté de 12,7 milliards de FCFA destiné à secourir les populations les plus vulnérables. De leur côté, les partenaires internationaux, notamment l’Union européenne (UE), ont mis en avant la modernisation des infrastructures de pêche à Mopti, Konna et Macina. L’installation d’unités de production de glace a été particulièrement saluée, car elle permet de réduire les pertes post-capture et de garantir des produits frais sur les marchés.
Quant aux organisations communautaires et mouvements sahéliens (comme « Nous sommes la solution »), ils ont activement défendu un retour aux semences paysannes locales et se sont opposés à l’utilisation massive d’intrants chimiques, valorisant ainsi le savoir-faire agricole traditionnel. Par ailleurs, des acteurs comme ECO Sahel ont profité de l’événement pour réaffirmer que la sécurité alimentaire à long terme dans cette région passe impérativement par la formation et la mobilisation des jeunes et des femmes rurales. Des conférences-débats, des foires d’exposition de produits locaux, ainsi que des ateliers sur les pratiques agro-écologiques durables et le renforcement des capacités des acteurs de la chaîne de valeur agricole ont émaillé cette célébration.

Portée au niveau international par la FAO, la thématique choisie cette année met en avant l’importance d’associer des solutions technologiques ou institutionnelles de pointe aux savoirs traditionnels locaux. L’objectif au Sahel, et plus particulièrement au Mali, est de transformer durablement les systèmes agroalimentaires pour les rendre plus inclusifs, plus productifs et plus résilients face aux crises climatiques et sécuritaires. Lors de la cérémonie officielle, les discours prononcés par les autorités maliennes, le Commissariat à la sécurité alimentaire (CSA) et les représentants des Nations unies (FAO, PAM) ont été singulièrement axés sur la souveraineté nationale et la résilience.
« En réponse aux crises qui frappent nos populations les plus vulnérables, l’État reste pleinement mobilisé. Le déploiement de notre Plan national, doté de 12,7 milliards de FCFA, est la preuve concrète que le gouvernement met tout en œuvre pour soutenir les ménages en phase d’urgence, stabiliser les prix et garantir l’accès de chacun à des aliments de base », a souligné le ministre de l’Agriculture, le Dr Ibrahima Samaké.

S’alignant sur le thème mondial de l’édition, le message des Nations unies insiste sur l’alliance entre technologie moderne et savoirs ruraux. « Au Sahel, particulièrement au Mali, l’innovation ne se résume pas à des outils complexes ; elle réside dans notre capacité à marier la recherche agronomique, comme les semences à cycle court, avec les connaissances locales traditionnelles. C’est en transformant durablement nos systèmes agroalimentaires que nous parviendrons à assurer une alimentation suffisante, diversifiée et nutritive pour tous, sans compromettre nos ressources naturelles », a déclaré le responsable de la FAO au Mali, M. Abdoul Karim Bâ.
« Les femmes rurales sont les véritables piliers de la résilience et de la souveraineté alimentaire de notre pays. Malgré les chocs économiques et les aléas climatiques, ce sont elles qui cultivent, transforment et assurent la survie ainsi que la cohésion de nos ménages. Investir dans leur autonomisation et sécuriser leur accès au foncier agricole est le seul chemin vers un avenir libéré de la faim », a pour sa part affirmé le ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Diarra Djénéba Sanogo.
Moussa Bolly
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