RESOLUTION DES CONFLITS EN AFRIQUE: L’ancien ministre malien Harouna Niang convaincu du bien-fondé de la vision du président Xi Jinping

Face aux crises persistantes qui secouent le continent africain, Pékin clarifie sa doctrine diplomatique. Recevant son homologue togolais à Pékin, le président Xi Jinping a présenté quatre grands principes fondamentaux destinés à encadrer le règlement des points chauds en Afrique. Entre respect de la souveraineté, rejet des sanctions unilatérales et impératif de développement, cette approche se veut un cadre d’action concret, particulièrement pour la Corne de l’Afrique.

Le respect de la souveraineté, le leadership africain, l’alliance sécurité et développement, ainsi que le respect de la souveraineté sont les quatre principes définis par le président chinois Xi Jinping dans une déclaration faite le 13 octobre 2026 à Pékin lors d’une rencontre officielle avec Faure Essozimna Gnassingbé, président du Togo. Dans une réaction accordée à l’agence chinoise Xinhua, l’ancien ministre malien de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des investissements a affiché sa conviction que la vision émise par le président Xi Jinping de la Chine peut être la base idéale pour la résolution des conflits en Afrique.

« Je considère que ces quatre principes constituent une base pertinente pour accompagner les efforts de paix en Afrique. Ils associent la responsabilité des Africains, le respect du droit international, la recherche de solutions politiques et le développement à long terme », a analysé M. Harouna Niang dans l’entretien accordé à Xinhua.« Le leadership africain est fondamental. Une solution durable doit être comprise, acceptée et portée par les sociétés concernées. Les partenaires extérieurs peuvent apporter leur soutien, mais les Africains doivent conserver la maîtrise des décisions qui engagent leur avenir », a indiqué l’économiste émérite.

Et cela d’autant plus, a indiqué l’ancien ministre malien, « l’équité et la justice prennent une importance particulière dans le contexte géopolitique actuel. Une Afrique divisée, dont les pays négocient séparément avec des puissances disposant de moyens considérables, peine à faire entendre ses priorités et à équilibrer les rapports de force. Elle doit donc renforcer sa concertation, ses institutions communes et sa capacité de négociation collective ».

Pour l’intellectuel malien, les droits de l’homme et la démocratie sont « des aspirations légitimes de nos populations ». Toutefois, a-t-il atténué dans cette interview accordée à Xinhua, « leur crédibilité est affaiblie lorsqu’ils sont invoqués de manière sélective pour exercer des pressions politiques ou justifier des sanctions. Chaque mesure doit être appréciée au regard de sa base juridique, de sa conformité aux obligations internationales et de ses conséquences sur les populations ».

La recherche de la paix, a par ailleurs souligné Harouna Niang, « doit tenir compte de la nature des conflits. Selon lui, la protection des civils, la lutte contre le terrorisme, le dialogue (lorsque celui-ci est possible) et la justice doivent s’articuler. Le lien entre sécurité et développement est également « décisif ».

« Il faut protéger les populations tout en leur donnant accès à l’éducation, aux soins, à l’eau, à l’énergie et à des activités productives. La paix durable exige à la fois des institutions légitimes, des perspectives économiques et des relations internationales fondées sur des règles équitables », a-t-il poursuivi. En tout cas, M. Niang est convaincu que la vision du président de la République Populaire de Chine peut « aider les Africains à définir leurs priorités, à construire leurs propres compromis et à mieux coordonner leurs moyens. Cela suppose une coopération entre États, mais aussi la participation des collectivités, des femmes, des jeunes et des acteurs économiques ».

Pour ce faire, a-t-il souligné, il faut surtout donner au leadership africain une base matérielle. Nos pays sont trop souvent enclavés les uns par rapport aux autres : certains n’ont pas d’accès à la mer, tandis que beaucoup restent insuffisamment reliés à leurs voisins. Les frontières, les infrastructures manquantes et les obstacles administratifs limitent les échanges et fragmentent les marchés ». Il a aussi indiqué que la Chine peut apporter « une contribution importante dans deux domaines complémentaires : renforcer les capacités économiques et institutionnelles de l’Afrique, et soutenir un ordre international plus représentatif et plus respectueux des règles communes ».

Sur le plan diplomatique, a indiqué Harouna Niang, « la Chine peut appuyer les médiations africaines, renforcer les institutions du continent et soutenir une meilleure représentation de l’Afrique dans les instances de décision internationales ».

Économiste et homme politique malien, Harouna Niang a été ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements du Mali du 5 octobre 2020 au 24 mai 2021. Il est titulaire d’une licence en Sciences commerciales et financières de l’Université d’Alger (1978) et d’un Master of Business Administration (MBA) à l’Université de Southern California aux États-Unis (1985). Fort d’une immense expérience dans la planification stratégique et les politiques de développement (agriculture, industrie, transports…), il est aujourd’hui un contributeur actif au débat public malien et régional.

Moussa Bolly


En savoir plus sur FASSO ACTU

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *