Justice : sept acquittés, six condamnés à 7 ans, le colonel-major Aminata Doho écope d’un an

La Cour d’appel de Bamako a rendu, ce vendredi 26 mars 2026, un verdict très attendu dans l’affaire dite « Paramount-Embraer », marquée à la fois par des acquittements et des condamnations. Si plusieurs accusés ont été reconnus non coupables, d’autres ont écopé de peines de réclusion, traduisant la complexité d’un dossier au cœur des débats judiciaires depuis plusieurs mois.

Parmi ceux qui quittent le box sans condamnation, on retrouve le général Mahamane Touré, le colonel-major Nouhoum Dabitao, le colonel Mamourou Togo, le colonel Mamadou Nambala Traoré, le colonel Bougadaly Bah, ainsi que deux civils dont Mahamadou Koné. Pour chacun d’eux, la juridiction a tranché de manière nette : les éléments versés au dossier n’ont pas suffi à établir une responsabilité pénale.

Ce point n’est pas anodin. Durant les audiences, la défense s’est accrochée à des failles précises : absence de signatures directes sur certains documents, chaînes de décision jugées floues, et surtout difficulté à relier formellement certains accusés aux engagements contractuels contestés. Des arguments techniques, répétés à la barre, qui ont fini par peser au moment du délibéré.

Mais dans le même temps, la Cour n’a pas suivi cette logique pour tous. Six accusés ont été condamnés à sept ans de réclusion criminelle. Dans ce groupe figurent notamment l’ancien ministre Tiéna Coulibaly et plusieurs officiers, dont Souleymane Bamba, Mbemba Moussa Kéita, Moustapha Drabo, le colonel Abdoul Wahab Touré et Abou Berthé. Ici, la juridiction a considéré que leur implication dans les mécanismes contractuels incriminés était suffisamment caractérisée.

Un cas à part : celui du colonel-major Aminata Doho. La Cour l’a reconnue coupable de blanchiment de capitaux. La peine prononcée reste plus limitée, un an d’emprisonnement, mais elle s’accompagne d’une amende de 5 millions de francs CFA. Une décision qui suggère une lecture distincte de son rôle dans l’affaire, davantage liée à des flux financiers qu’à la passation initiale des contrats.

Au fil des heures, le verdict a dessiné une ligne de partage assez claire : d’un côté, ceux pour qui les charges se sont effondrées faute de preuves solides ; de l’autre, ceux pour qui les juges ont estimé que les responsabilités étaient suffisamment établies, notamment dans la gestion et la validation des contrats d’équipements militaires et d’aéronefs.

Reste maintenant à connaître le détail complet du dispositif. Les questions liées aux éventuelles réparations, aux responsabilités civiles ou à d’autres implications n’ont pas encore été entièrement précisées. Dans un dossier aussi sensible, ces éléments pourraient encore peser lourd.


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