Un décret signé ce 1er avril 2026 par le président de la Transition, Assimi Goïta, vient clarifier un point clé dans l’architecture de la communication gouvernementale. Le Général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, déjà en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, est officiellement désigné porte-parole du Gouvernement.
La décision n’est pas anodine. Elle confie à un seul homme la responsabilité de porter, expliquer et parfois défendre la parole de l’ensemble de l’exécutif. Jusqu’ici, la communication gouvernementale se faisait de manière plus diffuse, souvent éclatée entre ministres, avec des prises de parole parfois dissonantes sur certains dossiers sensibles.
Dans les faits, ce choix concentre désormais le message. Coulibaly devient l’interlocuteur principal sur les orientations, les décisions du Conseil des ministres, mais aussi sur les zones de turbulence politique ou sociale. Une fonction exposée, surtout dans un contexte où chaque déclaration est scrutée, décortiquée, parfois contestée.
Le profil du nouveau porte-parole n’est pas neutre. Officier supérieur, habitué aux rouages de l’administration territoriale, il gère déjà un ministère au cœur du dispositif étatique : organisation des collectivités, gestion des autorités locales, suivi du territoire. Autant de leviers qui le placent au contact direct des réalités du pays — et donc des sujets sensibles.
Le décret, pris sur proposition du Premier ministre Abdoulaye Maïga, intervient dans une période où la maîtrise du discours officiel devient un enjeu à part entière. Entre attentes sociales, contraintes sécuritaires et pression de l’opinion, la parole publique ne peut plus se permettre d’approximation.
Reste maintenant à voir comment cette fonction va s’incarner. Car être porte-parole, ce n’est pas seulement lire des communiqués. C’est répondre aux questions qui dérangent, gérer les silences quand il le faut, et surtout imposer une ligne claire dans un environnement où l’information circule vite, parfois sans filtre.
Avec cette désignation, le gouvernement fait un choix : celui de la centralisation et du contrôle du message. Un choix qui sera jugé non pas sur le texte du décret, mais sur la manière dont la parole officielle va, désormais, se faire entendre.
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