Coopération universitaire : Bamako et Pékin consolident leurs passerelles académiques

La coopération entre le Mali et la République populaire de Chine continue de se densifier dans le champ universitaire. À Bamako, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye, a reçu en audience le nouvel ambassadeur chinois accrédité au Mali, Li Xiang, récemment nommé 18ᵉ représentant diplomatique de Pékin dans le pays.

La rencontre, qui s’inscrit dans la continuité d’un partenariat déjà ancien entre les deux États, a permis de passer en revue plusieurs projets structurants liés à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique. Dès l’entame, le ministre a salué l’arrivée du diplomate chinois et rappelé la constance des relations bilatérales entre Bamako et Pékin, souvent décrites comme stables et pragmatiques, notamment dans les domaines de la formation, des infrastructures universitaires et du transfert de compétences.

Au cœur des échanges : les réalisations concrètes issues de cette coopération. Parmi elles figure le Centre Confucius, devenu un point d’ancrage pour l’apprentissage de la langue et de la culture chinoises au Mali. L’initiative de l’Atelier Luban, orientée vers la formation technique et professionnelle, a également été évoquée comme un levier pour rapprocher les formations universitaires des besoins du marché.

Le ministre a aussi cité la collaboration avec l’Institut Ichei, financé par la Chine à travers l’UNESCO, ainsi que la construction de la Cité universitaire de Kabala, projet d’infrastructure majeur destiné à absorber une partie de la pression démographique que connaissent les universités maliennes. Pour Bamako, ces investissements participent à l’amélioration progressive des conditions d’étude et à la modernisation du système universitaire.

L’entretien a également abordé les perspectives à court et moyen terme. Le ministre Kansaye a informé son interlocuteur de l’initiative portée par le chef de l’État, Assimi Goïta, qui a proclamé la période 2026-2027 « Année de la culture et de l’éducation » au Mali. Une orientation politique qui vise à placer l’éducation et la transmission du savoir au centre des priorités nationales. Dans cette dynamique, Bamako espère un accompagnement renforcé de la Chine pour soutenir les projets envisagés.

Autre point soulevé : la mobilité académique. Le ministre a plaidé pour une augmentation des échanges d’enseignants et de chercheurs entre universités maliennes et chinoises, estimant que ces déplacements constituent un levier direct de montée en compétence pour les institutions locales.

La question de l’innovation a également occupé une place importante dans les discussions. Bamako manifeste un intérêt particulier pour l’appui de Pékin dans le développement du CIAR-Mali, notamment dans des domaines émergents comme les technologies numériques avancées et l’intelligence artificielle. Pour les autorités maliennes, ces secteurs représentent une opportunité stratégique afin d’inscrire l’enseignement supérieur national dans les dynamiques technologiques mondiales.

Prenant la parole à son tour, l’ambassadeur Li Xiang a réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre et d’élargir cette coopération. Le diplomate a souligné que l’éducation, la formation et le partage d’expertise restent au cœur du partenariat entre les deux pays, avec une attention particulière portée à la formation des jeunes talents.

Au terme de la rencontre, les deux responsables ont exprimé leur volonté de donner une nouvelle impulsion à la coopération universitaire entre Bamako et Pékin. Derrière les déclarations diplomatiques, l’enjeu est clair : former davantage de compétences locales tout en intégrant le système universitaire malien dans des réseaux académiques et technologiques plus larges.


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