Dans une salle de réunion à Bamako, mardi 17 mars 2026, les dossiers s’empilent. La 11ᵉ session du conseil d’administration du Fonds d’Appui à l’Industrie Cinématographique ne commence pas par des annonces, mais par une réalité difficile à contourner : beaucoup de projets attendent, peu avancent.

Mariam Maïga Koné prend la parole en premier. Elle ne tourne pas autour du sujet. Elle demande aux administrateurs de regarder précisément ce qui bloque : des financements qui n’arrivent pas à temps, des mécanismes d’appui jugés trop lents, et des professionnels du cinéma qui continuent de travailler avec des moyens limités.
Autour de la table, les visages sont familiers. Certains producteurs présents savent ce que cela signifie concrètement : des tournages reportés, des équipes réduites au minimum, parfois des films arrêtés faute de budget en plein processus.
Quand Mahamadou dit Koumbouna Diarra, représentant le ministre Mamou Daffé, intervient, le message change légèrement de ton. Il salue la régularité des réunions mais enchaîne aussitôt : se réunir ne suffit pas si les résultats ne suivent pas.
Dans les échanges, trois points reviennent sans détour. D’abord l’argent : difficile de lancer une production sans un financement sécurisé dès le départ. Ensuite la formation : certains métiers techniques manquent encore de profils suffisamment qualifiés. Enfin l’organisation du secteur, encore fragmentée, avec des acteurs qui avancent souvent chacun de leur côté.
Le contexte national est évoqué, lui aussi. La culture est mise en avant dans les orientations actuelles, avec la continuité de l’Année de la culture. Sur le papier, cela crée une opportunité. Mais dans la salle, la question est plus directe : comment faire en sorte que ces orientations se traduisent en appuis concrets pour ceux qui tournent, écrivent et produisent ?
Avant l’ouverture des travaux proprement dits, un appel est lancé : proposer des solutions utilisables, pas des constats déjà connus. Les administrateurs sont attendus sur des mesures capables de relancer réellement le fonds.
La suite se déroule hors caméra, entre chiffres, arbitrages et priorités. À la sortie, il n’y a pas encore de décisions visibles. Mais pour le Fonds d’Appui à l’Industrie Cinématographique, le temps presse : les projets en attente, eux, ne peuvent pas rester indéfiniment au stade de dossier.
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