Fana : la santé scolaire entre dans les chiffres officiels du système éducatif

À Fana, pendant cinq jours, des techniciens ont passé des tableaux au peigne fin. Pas de grande cérémonie, pas d’annonce spectaculaire. Juste des fichiers, des indicateurs, et une question qui revient sans cesse : qu’est-ce qu’on sait vraiment de la santé des élèves au Mali ?

Jusqu’à récemment, pour savoir si les enfants avaient accès à des services de santé à l’école ou dans quelles conditions ils étudiaient, il fallait attendre les grandes enquêtes nationales. Une tous les cinq ans. Entre-temps, peu de visibilité. Le Système d’Information et de Gestion de l’Éducation, lui, enregistrait déjà les effectifs, les salles de classe, les enseignants… mais quasiment rien sur ce qui se passe côté santé.

Le chantier lancé avec UNESCO et son Institut international de planification de l’éducation a changé la méthode. Au lieu d’attendre des études lourdes, les équipes ont commencé à intégrer directement des indicateurs dans le système existant. Résultat : des données collectées plus régulièrement, et surtout exploitables sans attendre des années.

À Fana, il ne s’agissait plus d’apprendre à utiliser les outils, mais de regarder ce qu’ils produisent. Les participants ont décortiqué les informations des années scolaires 2023-2024 et 2024-2025. Derrière les colonnes, des situations concrètes apparaissent : écoles sans point d’eau, établissements où les dispositifs d’hygiène sont insuffisants, élèves absents pour des raisons liées à la santé.

Lors de l’ouverture, Mohamar Mohamed El Moctar a résumé l’enjeu sans détour : pour la première fois, ces données sont intégrées au SIGE et harmonisées selon des standards internationaux. Autrement dit, elles ne resteront pas dans des rapports isolés, elles entreront dans les décisions.

Même logique du côté de Saidou Kanambaye, qui intervenait au nom de Ali-Mohamed Sinane. Il insiste sur un point précis : quand la santé pose problème, c’est souvent la scolarité qui lâche en premier. Et dans plusieurs cas, les filles sont les plus exposées à ces interruptions.

Le programme « O3 » Nos droits, Nos vies, Notre avenir sert de cadre à ce travail. Concrètement, il appuie l’intégration des indicateurs, la collecte sur le terrain et l’analyse des résultats.

Tout n’est pas réglé. Certaines zones remontent encore peu d’informations, et la fiabilité dépendra de la régularité des collectes. Mais une chose change déjà : les chiffres arrivent plus vite, et ils sont directement utilisables. Et dans ce type de dossier, c’est souvent ce qui fait la différence entre une décision tardive… et une action immédiate.


En savoir plus sur FASSO ACTU

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *