Carburant : les Douanes face à 790 camions à dédouaner

790 citernes. Pas une estimation, pas une formule. Un alignement réel de camions, serrés les uns derrière les autres au Bureau des Produits Pétroliers. Certains à l’arrêt depuis des heures, d’autres à peine arrivés, couverts de poussière. Le genre de situation où le moindre retard se transforme vite en embouteillage administratif. Le 18 mars, Cheickna Amala Diallo s’est déplacé sur place. Avec lui, son adjoint, le Colonel-major Mamadou Traoré. Leur présence n’avait rien de symbolique. Il fallait voir si la machine tenait face à ce volume inhabituel.

Sur le terrain, ça ne traîne pas. Les agents enchaînent les dossiers. Vérification des manifestes, contrôle des cargaisons, saisie des données. Sous la supervision du Col-major Sira Mallé, les équipes tournent sans pause. Jour et nuit. À quelques jours de la fête, personne ne lève le pied.

Le Directeur général s’arrête, discute. Pas avec des responsables. Avec les chauffeurs. Certains disent avoir roulé plusieurs jours avant d’atteindre Bamako. Ils dorment dans leur cabine, mangent sur le pouce, attendent leur tour. Ce sont eux qui font la file, pas les chiffres.

Puis passage aux aires de dédouanement. Deux espaces, déjà bien chargés. Des camions qui avancent par petits groupes, guidés, enregistrés, libérés. Là, le message est direct : accélérer encore. Réduire les temps morts. Éviter que la file ne s’étire jusqu’à bloquer tout le circuit.

Parce que derrière ces citernes, il y a une chaîne très concrète. Si ça ralentit ici, les stations commencent à manquer. Et quand le carburant se fait rare, la tension monte vite. Transporteurs, motos, groupes électrogènes… tout dépend de ce flux.

La hiérarchie insiste sur les résultats récents. 95,9 milliards de francs CFA mobilisés en janvier. 94,5 milliards en février. Des montants supérieurs aux prévisions. Mais sur place, ces chiffres ne disent pas tout. Ce qui compte, c’est la capacité à absorber 790 camions sans blocage majeur.

Les agents tiennent le rythme. Pas par hasard. Organisation serrée, consignes claires, pression constante. Il n’y a pas de place pour les retards prolongés.

Ce jour-là, au Bureau des Produits Pétroliers, il ne s’agissait pas de communication. Il fallait faire avancer les citernes. Une par une. Et prouver que, même sous charge, le système ne décroche pas.


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