Journée mondiale de l’eau : focus sur le traitement des eaux usées au Mali

À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau célébrée ce 22 mars au Centre international de conférences de Bamako, les acteurs du secteur ont mis en avant les enjeux concrets liés à la gestion des ressources hydriques. À travers sa participation active, notamment par la présentation de ses infrastructures et projets en cours, l’Agence nationale de gestion des stations d’épuration du Mali (ANGESEM) a recentré les échanges sur un maillon souvent négligé : le traitement des eaux usées et ses implications directes sur l’équité d’accès à un cadre de vie sain.

Le thème, « l’eau, source d’égalité », n’est pas resté accroché sur une banderole. Il s’est glissé dans les échanges, parfois techniques, souvent directs.

Au stand de l’Agence nationale de gestion des stations d’épuration du Mali l’ANGESEM la Directrice générale, Doussouba Doumbia, ne se contente pas de distribuer des brochures. Elle explique. Elle détaille ce que recouvre vraiment la gestion des eaux usées dans un pays où l’accès à l’assainissement reste inégal selon les quartiers, et encore plus selon les régions.

Sur la table, des documents sur le projet de Kayes. Pas un slogan : un programme précis, avec des infrastructures en cours de renforcement pour améliorer l’accès à l’eau potable et le traitement des eaux usées dans la ville. Elle évoque aussi les stations existantes, leur fonctionnement, leurs limites. Certaines tournent en dessous de leur capacité faute d’entretien régulier ou de moyens techniques adaptés. Elle ne l’élude pas.

Un peu plus loin, les ministres font le tour. Mariam Tangara, en charge de l’Environnement et de l’Assainissement, et Tiémoko Traoré, côté Énergie et Eau. Arrêt au stand de l’ANGESEM. Échanges rapides, mais attentifs. On montre les schémas, on commente les résultats, on insiste sur les défis.

Ce qui ressort des discussions n’a rien de décoratif. L’égalité face à l’eau, ici, se traduit par des réalités très concrètes : certains ménages disposent de systèmes d’évacuation fonctionnels, d’autres dépendent encore de solutions précaires. La gestion des boues de vidange, souvent invisible dans le débat public, devient centrale dès qu’on parle de santé et de cadre de vie.

L’ANGESEM met aussi en avant son travail de sensibilisation. Affiches, dépliants, supports visuels : comment utiliser correctement les installations, pourquoi éviter les rejets sauvages, ce que cela change à long terme. Des visiteurs s’arrêtent, posent des questions pratiques. Où vont réellement les eaux usées ? Que devient une station saturée ? Les réponses ne sont pas toujours simples, mais elles sont données sans détour.

Dans l’après-midi, le stand ne désemplit pas. Des étudiants prennent des notes. Des agents techniques échangent des contacts. Un groupe s’attarde devant une carte montrant les zones couvertes par les infrastructures existantes. Les zones blanches, elles, parlent d’elles-mêmes.

Officiellement, la journée est une célébration. Sur le terrain, elle ressemble davantage à une mise au point. L’eau, oui mais surtout tout ce qui se passe après qu’elle a été utilisée.

Et c’est là que le travail commence vraiment.


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