Renforcement de la coopération académique : le Mali consolide son partenariat avec le 2iE

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a engagé, ce lundi 23 mars 2026, une nouvelle étape dans le renforcement de ses relations avec Institut international d’ingénierie de l’eau et de l’environnement (2iE). Le ministre a reçu en audience le directeur général de l’institution, Elhadji Bamba Diaw, en présence du chef de cabinet, du point focal 2iE ainsi que des directeurs généraux de l’Enseignement supérieur et du CENOU.

Autour de la table, les profils n’étaient pas là pour la forme : chef de cabinet, point focal 2iE, responsables du CENOU et de l’enseignement supérieur. Très vite, la discussion a quitté les présentations classiques. Diaw a déroulé des éléments concrets : organisation interne de l’institut, catalogue de formations – ingénierie de l’eau, génie civil, énergie – et montée en puissance des cursus à distance, désormais suivis par des étudiants qui ne quittent pas leur pays.

Sur la question des diplômes, il n’a pas laissé de place au flou. Toutes les filières sont validées par le Conseil africain et malgache pour l’enseignement supérieur (CAMES). Autrement dit, pas de débat sur la reconnaissance académique. Le vrai sujet est ailleurs : combien d’étudiants maliens en profitent réellement, et avec quels moyens ?

Le chiffre avancé est connu mais rarement interrogé : près de 500 cadres maliens formés au 2iE depuis la création. À première vue, c’est significatif. En creusant, cela représente à peine quelques dizaines de diplômés par an. Trop peu, au regard des besoins actuels dans l’hydraulique, l’aménagement ou l’agriculture irriguée.

C’est là que la discussion a pris un tour plus direct. Le directeur général n’a pas simplement présenté l’existant, il a pointé ce qui bloque : un accès limité aux financements et une mobilisation encore timide des mécanismes de bourses. Il a cité, sans détour, les dispositifs appuyés par la Banque africaine de développement. Des opportunités existent, mais elles restent sous-utilisées faute de coordination ou d’accompagnement des candidats.

Côté malien, la réponse a été mesurée mais engagée. Le ministre a reconnu l’intérêt du 2iE dans un contexte où la gestion de l’eau et les questions agricoles deviennent des sujets de pression quotidienne, pas seulement des priorités de papier. Il a surtout insisté sur un point souvent négligé : la place des enseignants-chercheurs maliens dans cet écosystème.

Car envoyer des étudiants se former ne suffit pas. Si les universitaires maliens restent en marge des projets de recherche du 2iE, le pays dépendra durablement d’expertises extérieures. L’idée évoquée est donc d’encourager leur implication dans les programmes scientifiques, les publications et les projets appliqués.

En filigrane, une attente claire : que ce partenariat produise des effets visibles, pas seulement des statistiques. Plus d’ingénieurs formés, oui, mais aussi des compétences capables de répondre à des problèmes très concrets – accès à l’eau, infrastructures rurales, résilience face aux aléas climatiques.

Avant de quitter Bamako, Elhadji Bamba Diaw a invité le ministre à se rendre à Ouagadougou pour voir de près les installations du 2iE. Une invitation classique, mais qui pourrait servir de point de bascule si elle débouche sur des décisions opérationnelles.

Pour l’instant, rien n’est encore acté. Mais une chose est ressortie de cette rencontre : le partenariat existe depuis longtemps, il produit déjà des résultats, mais il reste en dessous de ce qu’il pourrait réellement apporter. Et c’est précisément ce décalage que les deux parties semblent vouloir corriger.


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