Ce mardi 24 mars, dans une salle de réunion de l’administration régionale à Koulikoro, le ton était posé, mais les enjeux bien réels. Le gouverneur, El Hadj Lamine Kapory Sanogo, a réuni autour de lui les principaux acteurs d’un dossier qui traîne depuis plusieurs années : celui des parcelles destinées aux travailleurs de l’Hôpital du Mali.

Retour en arrière. Cette année-là, la mairie de Baguinéda valide la demande du syndicat des travailleurs. Les lots sont attribués. Certains bénéficiaires avancent de l’argent, d’autres commencent même à se projeter. Puis tout s’arrête net. Les services techniques découvrent que la zone est déjà couverte par un titre foncier existant. Autrement dit, les terrains n’étaient pas disponibles. En 2022, la nouvelle équipe communale annule l’opération.
Depuis, le dossier traîne. Des listes circulent, des réunions se tiennent, mais sur le terrain, rien ne bouge.
Ce matin, le gouverneur change de ton. Il ne revient pas sur la responsabilité de l’erreur. Il pose une exigence claire : trouver une alternative. Et vite. Il demande à la mairie de proposer des sites précis, avec des documents fonciers vérifiés. Pas question de répéter le même scénario.
Les échanges deviennent plus techniques. On parle de superficies, de localisation, de disponibilité réelle des terrains. Des agents évoquent des zones encore non attribuées, mais rien n’est validé sur place. Il faudra des vérifications supplémentaires. Les mots sont choisis, mais la tension est là. Chaque proposition est immédiatement questionnée : statut juridique, risques de contestation, accès aux services de base.
Un représentant des travailleurs glisse à voix basse : « Ça fait déjà des années ». La phrase reste suspendue.
À la fin de la réunion, aucune solution définitive n’est annoncée. Mais une chose change : un délai est fixé. La mairie doit revenir avec des options concrètes, pas des hypothèses.
En sortant, les participants ne s’attardent pas. Chacun repart avec ses documents. Le dossier, lui, reste ouvert. Mais cette fois, il avance sous surveillance.
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