À Bamako comme dans plusieurs autres localités du pays, les installations de points d’accès Wi-Fi à vocation commerciale sont désormais dans le viseur du régulateur. Dans un communiqué rendu public, l’Autorité malienne de Régulation des Télécommunications, des Technologies de l’Information et de la Communication et des Postes alerte sur la prolifération de dispositifs communément appelés « Wi-Fi Zone », opérant en dehors de tout cadre légal.
Le régulateur affirme avoir identifié plusieurs points d’accès installés sans autorisation, parfois à proximité de marchés, de gares routières ou d’espaces très fréquentés. Des lieux où, pour quelques centaines de francs CFA, des usagers se connectent via des tickets ou des mots de passe partagés. Une pratique devenue courante, mais qui, selon l’AMRTP, reste totalement hors cadre.
Dans son texte, l’institution ne s’adresse pas seulement à ceux qui vendent la connexion. Elle remonte toute la chaîne. Ceux qui importent les équipements, ceux qui les configurent, ceux qui les installent sur le terrain. Tous sont concernés. Et cette fois, le message est direct : arrêt immédiat. Pas de phase de sensibilisation annoncée, pas de tolérance évoquée.
Sur le terrain, ces réseaux fonctionnent souvent avec des routeurs modifiés, alimentés par des connexions principales détournées ou redistribuées. Certains opérateurs informels couvrent plusieurs rues, avec des abonnés réguliers. Un modèle qui échappe totalement au contrôle technique et fiscal. C’est précisément ce point qui semble avoir déclenché l’intervention du régulateur.
L’AMRTP rappelle que la fourniture d’accès internet à titre commercial ne s’improvise pas. Elle exige une autorisation formelle, assortie d’obligations précises. En l’absence de ce cadre, les responsables s’exposent à des poursuites. Le communiqué parle clairement de sanctions pénales, sans entrer dans les détails, mais le ton ne laisse pas de place à l’ambiguïté.
Ce durcissement intervient alors que la demande explose, surtout dans les zones où la couverture reste irrégulière ou coûteuse. Résultat : des solutions parallèles émergent, bricolées mais efficaces pour une partie de la population. Reste à voir si les contrôles suivront réellement sur le terrain. Car sans descentes effectives, ces installations ont tendance à réapparaître aussi vite qu’elles disparaissent.
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