OMC – Conférence ministérielle (J3) : le Mali défend un levier d’investissements pour sortir de la dépendance or–coton

Troisième jour de travaux, samedi 28 mars. Dans la salle, les interventions s’enchaînent, mais celle du ministre malien de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, s’ancre dans une ligne claire : attirer des capitaux utiles, pas seulement des promesses.

Devant lui, une salle composée de ministres, de responsables d’institutions et de partenaires techniques. Le ministre malien rappelle d’abord un point précis : le pays n’a pas découvert l’Accord sur la facilitation des investissements au dernier moment. Il en a été partie prenante dès les premières discussions, jusqu’à son adoption à Abu Dhabi en mars 2024. Une manière de dire que Bamako entend peser, pas simplement suivre.

Puis il pose les chiffres, sans détour. Aujourd’hui, l’essentiel des recettes d’exportation repose sur deux produits : l’or et le coton. Environ 85 %. Cela signifie, concrètement, que la moindre variation des prix sur les marchés internationaux se répercute directement sur les revenus du pays.

À partir de là, le discours glisse vers des besoins très concrets. Pour sortir de cette dépendance, il faut produire autrement. Transformer localement, par exemple. Dans le cas du coton, cela suppose des unités industrielles capables d’aller au-delà de la fibre brute. Même logique pour d’autres produits agricoles, encore exportés sans réelle valeur ajoutée.

Mais pour que ces projets tiennent, il faut autre chose que des intentions. Le ministre évoque des conditions précises : des infrastructures fonctionnelles, une énergie disponible sans coupures prolongées, des procédures administratives moins imprévisibles. Autant d’éléments qui, sur le terrain, déterminent la décision d’un investisseur.

Sur le cadre juridique, une annonce est faite : le Code des investissements est en cours de révision. L’idée est d’y intégrer les dispositions de l’accord défendu à l’OMC, mais aussi de corriger certains blocages identifiés localement. Simplifier, clarifier, rendre les règles lisibles. Pas sur le papier uniquement, mais dans leur application.

Dans la suite de son intervention, Moussa Alassane Diallo élargit le propos. Il appelle les pays africains à avancer ensemble sur ces questions, avec une logique d’intégration plus poussée dans le commerce international. Les partenaires au développement sont également interpellés, notamment sur l’accompagnement technique et financier.

Aucune annonce spectaculaire sur des montants ou des projets déjà bouclés. Mais une ligne assumée : attirer des investissements qui restent, qui produisent, et qui modifient progressivement la place du Mali dans les échanges. Le reste, comme souvent, dépendra de ce qui sera réellement mis en œuvre une fois les discours terminés.


En savoir plus sur FASSO ACTU

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *