Infrastructures scolaires : Bamako prépare un chantier d’ampleur entre nouveaux lycées et réhabilitation de sites historiques

La scène se joue vendredi 27 mars, autour d’une table de travail où les mots « délais courts » et « qualité des infrastructures » reviennent avec insistance. D’un côté, le ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané. De l’autre, une délégation de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD), conduite par son chef de mission projet, Abdoulaye Latif. Au cœur des échanges : un programme qui vise à transformer concrètement le visage de plusieurs établissements secondaires et centres de formation au Mali.

Le projet posé sur la table est précis. Quinze lycées à construire, pas « à l’étude », mais bien identifiés comme une priorité. Douze autres doivent être agrandis pour désengorger des établissements qui absorbent déjà plus d’élèves qu’ils ne devraient. Et puis il y a trois noms qui reviennent, sans détour : le lycée Askia Mohamed, le lycée Bah Aminata Diallo, le lycée Technique. Là, il ne s’agit pas d’ajouter quelques salles. On parle de réhabilitation complète, structures, équipements, espaces pédagogiques.

À côté du secondaire général, un autre besoin apparaît, presque en filigrane mais tout aussi pressant : former. Des centres de formation professionnelle et des structures pour encadrer les futurs enseignants sont annoncés. Pas de chiffres détaillés pour ces centres, mais l’intention est clairement posée : arrêter de produire des élèves sans renforcer en parallèle les filières techniques et la formation des maîtres.

Le ministre insiste sur un point qui revient plusieurs fois dans la discussion : aller vite, mais sans bricoler. Construire, oui, mais avec un minimum d’exigence sur la qualité. Il évoque des infrastructures « adaptées », ce qui, dans le contexte, renvoie à des salles aérées, des laboratoires fonctionnels, des espaces qui ne se dégradent pas après deux saisons.

Du côté de la BOAD, on ne signe rien sur place. Abdoulaye Latif reste sur une position mesurée. Il promet un retour rapide après mission, avec un dossier structuré à soumettre au Conseil d’administration de la banque. C’est à ce moment-là que les montants seront posés noir sur blanc. Pour l’instant, on en est encore à l’étape où tout se joue sur la crédibilité du projet.

Dans la discussion, le contexte politique n’est pas ignoré. Le ministre rappelle la décision des autorités de faire de 2026-2027 une période dédiée à l’éducation et à la culture. Une orientation qui donne un cadre, mais qui met aussi une pression implicite : les annonces doivent suivre sur le terrain.

En sortant de la réunion, rien n’a encore changé dans les lycées concernés. Les classes restent chargées, les bâtiments inchangés. Mais cette fois, les engagements sont formulés avec des chiffres, des sites précis et un partenaire financier prêt à avancer. Reste la suite, celle où les promesses se transforment, ou non, en chantiers visibles.


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