En marge du 11ᵉ sommet de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, les représentants de la Confédération des États du Sahel ont engagé, pour la première fois, un dialogue direct avec le nouveau Secrétaire général de l’organisation, Moussa Saleh BATRAKI. Une rencontre discrète sur la forme, mais loin d’être anodine sur le fond.
Les représentants de l’AES ne viennent pas « se présenter ». Ils arrivent avec une ligne, déjà posée. Coordination politique renforcée entre leurs États, gestion collective des questions de sécurité, volonté de construire un cadre de développement qui ne dépende pas uniquement de partenaires extérieurs. Le message passe sans filtre.
Dans les discussions, certains points accrochent davantage. La sécurité, d’abord. Impossible de l’éviter. Les ministres sahéliens y reviennent, insistent, détaillent. La pression sur le terrain, les attentes concrètes, les limites des dispositifs actuels. Ce n’est pas une posture, c’est un rappel.
C’est dans ce contexte que Mossa AG ATTAHER prend la parole. Il ne s’attarde pas sur des formules. Il pointe un élément précis : la Déclaration de Malabo. Plus exactement, ce qu’elle contient désormais. Les préoccupations sécuritaires des pays de l’AES y figurent. Pour lui, ce n’est pas anodin.
Ce genre d’inscription, dans ce type de texte, ne relève pas du hasard. Elle indique que certaines lignes commencent à bouger. Pas une rupture. Mais un glissement perceptible. Et dans les relations internationales, ce sont souvent ces détails qui ouvrent des marges.
En face, Moussa Saleh BATRAKI reste prudent. Il salue l’initiative, évoque une dynamique « encourageante », note l’implication des délégations sahéliennes. Le discours est calibré, mais le signal est là : la porte n’est pas fermée.
Pour autant, côté AES, il n’est pas question de s’en contenter. Les ministres poussent plus loin. Ils parlent de mécanismes à installer, d’échanges à structurer, de programmes à ajuster. Une idée revient, sans être répétée mot pour mot : le Sahel ne veut plus être traité comme un bloc uniforme.
Chaque pays a ses contraintes. Ses urgences. Ses marges de manœuvre. Et cela doit se retrouver dans la manière dont les partenaires conçoivent leurs interventions.
La réunion se termine sans effet d’annonce. Aucun document signé sur place. Pas de calendrier public. Mais un accord pour continuer à se parler, de manière suivie cette fois. Pas juste à l’occasion des grands rendez-vous.
À Malabo, l’essentiel ne s’est pas joué dans ce qui a été dit officiellement. Il est ailleurs. Dans cette volonté, côté AES, de ne plus subir les cadres existants, mais de peser sur leur évolution. Reste à voir si, dans les prochaines semaines, ces échanges trouveront un prolongement concret.
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