Le programme WISH2 WACA a été officiellement lancé ce lundi 30 mars à Bamako. Derrière cette nouvelle phase, une ambition précise : toucher davantage de femmes et de jeunes, améliorer l’offre de services et travailler au plus près des communautés, là où les blocages persistent encore.

La salle n’était pas pleine à craquer, mais les acteurs clés étaient là. Au premier rang, la ministre de la Santé et du Développement social, le Médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré, entourée de techniciens, de partenaires et de représentants d’organisations.
Le programme s’appelle WISH2 WACA. Ce n’est pas un nouveau projet sorti de nulle part. Il prend la suite d’une première phase déjà testée sur le terrain. Cette fois, il s’agit d’aller plus loin, et surtout d’aller plus large.
Des zones bien identifiées, pas choisies au hasard
Le dispositif vise quatre espaces précis : Koulikoro, Ségou, Tombouctou et le district de Bamako.
Dans certaines communes de Ségou, par exemple, les centres de santé fonctionnent, mais l’accès reste irrégulier. À Tombouctou, ce sont parfois les distances ou le contexte sécuritaire qui compliquent les choses. À Bamako, le problème est différent : les services existent, mais ne touchent pas toujours les publics les plus exposés.
Le programme doit s’adapter à ces réalités, sans appliquer une seule méthode partout.
Cinq ans pour produire des résultats visibles
La période est fixée : septembre 2024 – mars 2029.
Pas une opération ponctuelle. L’idée est d’installer des actions dans la durée. Cela veut dire former du personnel, suivre les indicateurs, revenir sur le terrain, corriger si nécessaire.
Les responsables parlent déjà de zones prioritaires à l’intérieur même des régions ciblées. Là où les besoins sont les plus urgents.
Aller discuter là où ça bloque vraiment
Une partie du programme ne passera pas par les centres de santé.
Des équipes devront aller directement dans les communautés. Rencontrer des chefs de village, échanger avec des leaders religieux, organiser des causeries. Pas pour faire de la sensibilisation générale, mais pour aborder des sujets précis : planification familiale, suivi des grossesses, accès aux services pour les adolescentes.
Dans certaines localités, ces discussions n’ont jamais eu lieu de manière structurée. Et ça change tout.
Des structures impliquées, mais avec des rôles concrets
L’Office national de la santé de la reproduction sera en première ligne. À ses côtés, des organisations locales, souvent déjà présentes sur le terrain.
Les associations devront, par exemple, identifier les zones où les femmes ne fréquentent pas les centres. Les organisations de personnes handicapées auront la charge de remonter des cas concrets d’exclusion. Les relais communautaires serviront de lien direct avec les populations.
Chacun avec une tâche précise. Pas juste une présence symbolique.
Sur les services, des attentes très concrètes
WISH2 prévoit aussi d’agir sur l’offre de soins.
Cela veut dire : disponibilité des produits, présence effective du personnel, capacité à accueillir sans délai. Dans certains centres, les femmes arrivent et repartent faute de prise en charge rapide. Ce type de situation est clairement ciblé.
Le programme veut réduire ces cas, progressivement.
Un discours qui insiste sur l’impact réel
Lors de son intervention, Assa Badiallo Touré ne s’est pas attardée sur des généralités. Elle a lié directement la santé reproductive à des situations concrètes : décès liés aux complications de grossesse, difficultés d’accès aux services pour certaines jeunes filles, inégalités persistantes.
Pour elle, agir sur ces questions, c’est toucher à la vie quotidienne, pas à des indicateurs abstraits.
Maintenant, place au terrain
Le lancement est fait. Les partenaires sont identifiés. Les zones sont connues.
Reste le plus compliqué : exécuter.
Parce que dans ce type de programme, tout dépend de ce qui se passe réellement sur le terrain. Dans les centres de santé, dans les villages, dans les quartiers périphériques.
Et c’est là que WISH2 sera attendu. Pas sur les intentions, mais sur les changements visibles.
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