Prix du carburant : les boulangers maintiennent le cap malgré les coûts

À Bamako, la hausse des coûts des hydrocarbures commence à se faire sentir jusque dans les boulangeries. Réunis autour du ministre Moussa Alassane Diallo, industriels et boulangers ont mis des mots précis sur une réalité simple : transporter la farine, alimenter les fours, faire tourner les unités de production coûte désormais plus cher. Malgré cette pression directe sur leurs charges, les acteurs de la filière se sont accordés pour maintenir, pour l’instant, le prix du pain. Une décision qui tient, mais sous contrainte.

En face, les acteurs industriels détaillent leurs propres blocages. Importer du blé ou faire tourner les unités de transformation demande plus de moyens qu’avant. Les délais d’acheminement se sont allongés, et chaque étape du port jusqu’au moulin prend quelques francs de plus. Mis bout à bout, ça finit par peser lourd.

Le ministre, lui, a choisi d’expliquer sans masquer les choses. Il a parlé des tensions liées à la guerre, des circuits perturbés, des coûts internationaux qui bougent sans prévenir. L’idée n’était pas de justifier, mais de faire comprendre pourquoi tout le monde se retrouve sous pression en même temps.

Très vite, la discussion a tourné autour d’un point sensible : est-ce que le prix du pain va bouger ? Parce que derrière, il y a le client du quartier, celui qui achète sa baguette chaque matin, parfois à crédit, parfois en comptant les pièces.

Après plusieurs échanges, une ligne a été fixée : les prix restent tels quels. Pas d’augmentation annoncée. Un engagement pris collectivement, mais qui n’a rien de confortable pour ceux qui doivent tenir leurs charges au quotidien. Certains boulangers ont laissé entendre que ça tiendra… mais pas indéfiniment si la situation continue dans le même sens.

La réunion s’est terminée sans effet d’annonce spectaculaire. Juste une décision, et une sorte d’accord tacite : contenir, pour l’instant. Gagner du temps.

Mais en sortant, personne ne semblait vraiment se faire d’illusion. Tant que le coût du carburant reste élevé, la question reviendra. Et la prochaine fois, il sera peut-être plus difficile de maintenir cet équilibre fragile entre le prix du pain et la réalité des charges.


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