Élections professionnelles : bras de fer éclair entre l’UNTM et le gouvernement

En l’espace de 48 heures, le processus des élections professionnelles a vacillé. Une lettre, une riposte, puis un recul. Derrière cette séquence rapide, un désaccord profond sur la manière de conduire les réformes sociales.

Le ton est monté d’un coup. Dans une lettre circulaire datée du 1er avril 2026, l’Union Nationale des Travailleurs du Mali a donné une instruction sans ambiguïté à ses structures : ne pas prendre part au processus électoral en cours.

Le document, adressé aux responsables syndicaux, fixe une ligne claire.

Aucune participation sans feu vert du Bureau exécutif. Et surtout, un avertissement : toute entorse expose à des sanctions disciplinaires immédiates.

Derrière cette décision, un reproche précis. L’UNTM accuse le ministère du Travail d’avoir engagé la mise en place des commissions électorales sans concertation préalable, alors que des discussions étaient encore en cours au niveau national.

Au cœur du désaccord : la méthode

Ce n’est pas le principe des élections qui est contesté. C’est la manière.

Selon la centrale syndicale, avancer sur des étapes aussi sensibles sans accord préalable fragilise tout le processus. La mise en place des commissions électorales qui doivent encadrer et superviser les scrutins est perçue comme un point de bascule.

Pour l’UNTM, franchir cette étape sans consensus revient à imposer un calendrier et un cadre unilatéraux.

Riposte rapide du gouvernement

La réaction n’a pas tardé. Face à la montée de la tension, le ministre du Travail, Fassoun Coulibaly, a annoncé la suspension de la circulaire relative à l’installation des commissions électorales.

Un signal d’apaisement, envoyé moins de deux jours après la sortie de l’UNTM.

L’objectif affiché par le département du Travail : reprendre les concertations et éviter une rupture avec les partenaires sociaux. En toile de fond, une préoccupation claire, préserver la crédibilité du processus électoral.

Une accalmie… mais pas un règlement

La suspension de la circulaire calme le jeu, au moins temporairement. Mais elle ne règle pas le fond du problème.

Car ce qui se joue ici dépasse la seule question des commissions électorales. Il s’agit d’un rapport de confiance. D’un équilibre fragile entre un État qui veut avancer sur ses réformes et des syndicats qui exigent d’être pleinement associés aux décisions.

Un processus sous surveillance

Les prochaines étapes dépendront désormais de la capacité des deux parties à se remettre autour de la table.

L’enjeu est de taille : organiser des élections professionnelles acceptées par tous, dans un climat suffisamment apaisé pour éviter contestations et blocages.

Pour l’instant, une chose est sûre : cette séquence aura laissé des traces. Et elle rappelle, une fois de plus, que sur les questions sociales, la méthode compte autant que le contenu.


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