Une silhouette raffinée, mince sans être maigre ; un visage d’ange rehaussé par de longs cheveux longs et lisses (en vraie peule), Zeïna est un vrai chef-d’œuvre de la création divine. Une forte personnalité manifestant une aura indescriptible, de la sagesse et de la dignité. Une forme de confiance en soi irrésistible irradie celles et ceux qui posent un regard sincère et honnête sur cette « belle créature » au teint naturel étincelant. Chez Zeïna, l’intelligence et la beauté se disputent. Du préscolaire à l’université (Master 2 en Management des ressources humaines), elle n’a jamais été classée en dehors des trois premiers. Elle a d’ailleurs régulièrement occupé la plus haute marche du podium, finissant « Majeure » de la promotion aux Masters I et II !
La nature a doté cette belle dame d’un corps dont tous les hommes rêvent, y compris les plus farfelus ou les plus minables ! Ainsi, au lieu d’être des atouts, l’intelligence et la compétence ont été des obstacles à surmonter pour Zeïna (comme pour beaucoup de femmes) à cause de sa fascinante beauté et aussi de la misogynie. Ses collaborateurs et ses supérieurs ne voyaient pas son abnégation et sa compétence, mais ils étaient plus focalisés sur sa jeunesse et sa beauté ! Et ils attendaient presque tous d’elle des faveurs sexuelles pour lui faciliter son ascension professionnelle. Elle a fait l’amère expérience déjà en tant que stagiaire. Le harcèlement l’a amené à changer plusieurs fois de services pour ses stages. Et cela parce que ses supérieurs hiérarchiques lui rendaient la « vie infernale » quand elle ne cédait pas à leurs avances.
« Accepte de sortir avec moi et tu auras la vie en rose » ! « Si tu ne sors pas avec moi, tu peux faire une croix sur tes ambitions professionnelles car tant que je serai là, tu ne bénéficieras pas de promotion » ! Autant de discours que la jeune dame a entendus dans sa carrière. Femme de caractère et très pieuse, elle a souvent vacillé, mais n’a jamais cédé. « Mon destin est entre les mains de Dieu et non celles d’un homme, et de surcroît des pervers », se disait-elle !
À force de patience et de persévérance, Zeïna a vu enfin son heure sonnée avec la nomination d’un patron dont la vision managériale prône la promotion du mérite et la transparence. Un respectable cadre à cheval sur les valeurs et les principes d’équité et pour qui la compétence compte plus que le sexe (homme ou femme). Un vrai manager qui ne s’embarrasse pas de préjugés, préférant juger chaque collaborateur, chaque cadre et agent à la tâche ! C’est ainsi que Zeïna se retrouve aujourd’hui Directrice des ressources humaines après de longues années de durs et loyaux services.
De longues années durant lesquelles son statut n’a pas changé et pendant lesquelles ses collègues et surtout ses supérieurs hiérarchiques lui ont fait voir de toutes les couleurs parce qu’elle refusait de céder à leurs avances, de leur servir de jouet sexuel pour espérer une promotion dans son service. « Tant que tu joueras à la Sainte Nitouche, n’espère pas sur une promotion dans l’administration », avait-elle fréquemment entendu de la part de certains collègues (femmes), amies. Elles étaient nombreuses à l’avoir trouvé dans le service et à avoir vite franchi des échelons avec une insolente « réussite sociale ».
Tandis que beaucoup de ses camarades étaient dans de luxueuses voitures et pouvaient se permettre des vacances dans n’importe quel coin de la planète, elle était abonnée à sa Jakarta qui avait succédé à la vieille « Yamaha Mate » des années d’études. Mais, sans complexe, parce que l’humilité, la modestie, le courage, la persévérance, la patience… étaient des valeurs inculquées par la stricte éducation reçue en famille.
« Les NST (Notes sexuellement transmises) ne m’ont jamais empêché de briller en classe et même de finir major de ma promotion, ce ne sont pas les brimades et le harcèlement sexuel qui vont me pousser à renoncer à ma dignité pour des postes de responsabilité », se disait-elle pour ne pas céder aux nombreuses avances qu’elle recevait. En fin de compte, elle a réussi à se hisser au sommet après s’être faite piétinée parce qu’accrochée à sa dignité. Comme elle, beaucoup de femmes compétentes sont harcelées et empêchées de réaliser leur ambition parce qu’elles sont à cheval sur l’honneur et la dignité. Leur compétence, leur expérience et leur expertise sont superbement ignorées par des hommes qui ne voient en elles que des « objets de plaisir », des « jouets sexuels »…
Le harcèlement sexuel au travail, une forme de violence sexiste, est leur quotidien. Tout au long de leur carrière, les compétences féminines doivent faire face à des comportements non désirés à connotation sexuelle ou sexiste, répétés ou graves (des avances, des propos dégradants, des gestes déplacés et des pressions pour des faveurs sexuelles) créant un environnement hostile et constituant un obstacle à leur épanouissement socioprofessionnel. Sans compter l’impact destructeur sur leur santé mentale ! Elles sont nombreuses les femmes dont les compétences sont encore ignorées (aussi bien dans le public que dans le privé) parce qu’elles ne sont pas de mœurs légères et sont fidèles aux valeurs héritées en famille ! Celles qui n’ont pas la fermeté et surtout le caractère trempé de Zeïna finissent souvent par céder pour se retrouver dans un piège sans fin. Et celles qui ont opté pour la vertu passent le plus souvent toute leur carrière sans occuper les postes que leur ouvrent naturellement leur compétence et leur professionnalisme !
Comme le dit cette citation anonyme (ou sagesse populaire moderne) fréquemment évoquée sur les réseaux sociaux, « les femmes n’ont pas besoin d’un homme pour résoudre leurs problèmes (pour leur ascension…) ; elles ont besoin d’un homme qui ne soit pas un problème à résoudre » comme dans les cas de harcèlement sexuel !
Moussa Bolly
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