Dans une salle de réunion sobre mais attentive, au sein du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, s’est tenue ce vendredi une séance de travail décisive autour d’un dispositif longtemps resté en suspens : l’Assurance Volontaire pour la Culture (AVOC). Autour du ministre Andogoly Guindo dit Daffé, les responsables de l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) sont venus remettre à plat un mécanisme censé sécuriser des milliers d’acteurs culturels.

L’enjeu est clair : relancer une dynamique interrompue. Depuis les réajustements intervenus à la tête de l’INPS, les activités de l’AVOC avaient perdu en intensité. Cette rencontre marque donc une tentative de reprise structurée, avec un objectif immédiat : faire le point sur les enrôlements déjà effectués et lever les blocages qui freinent encore l’adhésion.
Face au ministre, la délégation conduite par Modibo Danion, en charge de l’Assurance volontaire à l’INPS, a dressé un constat sans détour. Si le dispositif suscite un intérêt réel, son déploiement reste inégal, parfois entravé par des obstacles administratifs ou une méconnaissance du mécanisme par les bénéficiaires potentiels.
Plusieurs points techniques ont ainsi été discutés, avec une attention particulière portée à la question des cartes professionnelles. Pour de nombreux artistes et artisans, l’absence de ce document constitue un frein concret à l’inscription. La réflexion engagée vise à simplifier ou adapter les modalités d’identification, afin d’éviter que des critères administratifs ne deviennent des barrières d’accès.
Autre sujet sensible : l’enrôlement des personnes âgées, notamment celles ayant dépassé la limite d’âge requise. Une piste évoquée consiste à permettre à leurs enfants de s’inscrire en leur nom, une option qui pourrait élargir le champ des bénéficiaires tout en maintenant l’esprit du dispositif.
Mais au-delà des ajustements techniques, c’est la question de la visibilité qui revient avec insistance. Le ministère et l’INPS misent désormais sur une stratégie de communication plus offensive : campagnes de sensibilisation, mobilisation des organisations professionnelles, et organisation prochaine d’une journée portes ouvertes. L’objectif est de rendre l’AVOC plus lisible, plus accessible, en somme, plus concret pour ceux à qui il est destiné.
Car derrière les sigles, il y a une réalité souvent précaire. L’AVOC ambitionne d’apporter une couverture sociale à des travailleurs longtemps restés en marge des systèmes classiques : artistes, artisans, acteurs du tourisme. Couverture médicale, allocations familiales, pension de retraite, autant de garanties qui, jusqu’ici, relevaient davantage de l’exception que de la norme dans ces secteurs.
Mis en place conjointement par le ministère de la Culture et celui de la Santé et du Développement social, le dispositif porte une promesse : celle d’un filet de sécurité pour des professions essentielles à l’économie et à l’identité du pays, mais historiquement vulnérables.
Reste à transformer l’intention en réalité durable. La réunion de ce vendredi n’est qu’une étape, mais elle donne le ton : celui d’une reprise assumée, avec des ajustements pragmatiques et une volonté affichée de rapprocher l’administration des acteurs de terrain.
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