À l’heure où l’accès à l’emploi reste un défi majeur pour de nombreux jeunes au Mali, le Salon international de recrutement s’impose progressivement comme un espace concret de mise en relation entre recruteurs et candidats. Porté par une initiative locale et une connaissance fine du terrain, l’événement revendique aujourd’hui plus de 2 500 emplois et stages générés. Derrière cette mécanique bien rodée, deux visages : Mahamadou Sanogo et Cheik Ahamad Tidjani Touré ont lancé le Salon international de recrutement, un espace concret où candidats et recruteurs se rencontrent. Au-delà des chiffres, il révèle surtout une dynamique nouvelle : celle d’un écosystème qui s’organise, se structure et tente de répondre, de manière pragmatique, aux attentes croisées des entreprises et des demandeurs d’emploi. En quelques éditions, le Salon international de recrutement (SIR Mali), s’est imposé comme un point de passage obligé pour des milliers de jeunes en quête d’opportunités… et pour des entreprises à la recherche de profils opérationnels.
Mahamadou SANOGO : « En 2021, on a décidé de structurer quelque chose de concret. Pas un événement de plus, mais un espace utile ». Le Salon international de recrutement prend alors forme avec une ligne claire : réunir, dans un même cadre, les entreprises qui recrutent et les candidats qui cherchent, sans intermédiaire superflu. Sur place, l’écosystème est large : directions des ressources humaines, responsables recrutement, institutions publiques, partenaires internationaux. Et surtout des entreprises qui arrivent avec des besoins précis, parfois urgents.
Cheik Ahamad Tidjani Touré : « Certains recruteurs viennent avec des postes à pourvoir immédiatement. Ils ne sont pas là pour observer, ils sont là pour recruter ». Depuis sa création, le Salon revendique plus de 2 500 emplois et stages générés. Un chiffre appuyé par un dispositif de suivi. Cheik Ahamad Tidjani Touré : « Après chaque édition, on collecte les données. Nombre de CV reçus, profils retenus, recrutements effectués ».
Lors d’une phase récente, 1 657 insertions ont été recensées. Une centaine de profils issus de la diaspora ont également trouvé une opportunité à travers ce dispositif hybride, combinant présentiel et mise en relation en ligne.
Chaque année le salon changé d’échelle. Plus de 5 000 visiteurs auparavant. Cette année, plus de 7 000 inscrits sont attendus. Mais au-delà du volume, le profil des participants évolue.
Cheik Ahamad Tidjani Touré : « On voit de plus en plus de salariés venir. Ils ne cherchent pas forcément un premier emploi, mais de meilleures perspectives. Ils veulent évoluer, changer d’environnement, tenter autre chose ». Le Salon devient ainsi un espace de repositionnement, pas uniquement d’insertion.
Sur les stands, les besoins sont précis. Les entreprises ne recrutent pas au hasard ce qui sont les plus recherchés : mines et industries locales, PME en développement, comptabilité et assistance administrative, développement informatique, métiers techniques spécialisés…
Cheik Ahamad Tidjani Touré : « Il y a du travail. Mais les entreprises demandent des profils opérationnels. L’expérience et la spécialisation font la différence ». Ce décalage reste l’un des principaux freins : beaucoup de candidats arrivent avec des profils généralistes face à des besoins ciblés.
Au fil des retours, un autre constat s’impose. Cheik Ahamad Tidjani Touré : « La conscience professionnelle pose problème. Certains jeunes changent après quelques mois. Les partenaires nous le remontent régulièrement ». Ponctualité, régularité, engagement. Des éléments simples, mais décisifs pour s’inscrire dans la durée.
Pour éviter les échecs, le Salon mise aussi sur la préparation. En amont et pendant l’événement. Des ateliers sont organisés : rédaction de CV, techniques de recherche d’emploi, simulations d’entretien. Des sessions directes, parfois exigeantes où les candidats sont remis face à leurs lacunes.
Mahamadou SANOGO : « Quelqu’un peut rater une opportunité simplement parce qu’il ne sait pas se présenter ». L’objectif est clair : augmenter les chances, même lorsque le recrutement immédiat n’aboutit pas.
Ici, même ceux qui ne signent pas repartent avec des outils.
Cheik Ahamad Tidjani Touré : « Personne ne sort perdant. Soit tu trouves, soit tu apprends à mieux te vendre ».
Dans un contexte où l’accès à l’emploi peut parfois être monnayé, Mahamadou et Cheik insistent sur un point non négociable : « Nous, on gagne à travers nos partenaires. Mais en aucun cas nous ne nous enrichissons sur le dos des demandeurs d’emploi. Participer au salon est entièrement gratuit. Déposer son CV et aller à la rencontre d’opportunités ne coûte rien ».
Aucun pourcentage n’est prélevé sur les salaires des personnes recrutées. Le financement repose sur les entreprises partenaires et sur des supports comme leur magazine gratuit, soutenu par la publicité.

Pour cette édition, la date choisie n’est pas anodine.
Cheik Ahamad Tidjani Touré : « On a voulu transformer le 1er mai en journée d’opportunités ».
En parallèle, deux innovations majeures arrivent pour renforcer cette orientation : Plyoo, une application de mise en relation entre candidats et employeurs, 1MAI.COM, une plateforme qui permettra d’accéder à des informations sur le droit du travail, avec des réponses basées sur la législation en vigueur.
Au-delà de l’événement lui-même, les deux initiateurs tiennent un discours direct à l’endroit des jeunes candidats, sans chercher à adoucir la réalité. Pour Cheik Ahamad Tidjani Touré, la priorité reste claire : « Il faut se former avec une spécialité. Les métiers techniques offrent aujourd’hui plus d’opportunités ». De son côté, Mahamadou SANOGO insiste sur la valeur de l’expérience, même lorsqu’elle commence modestement : « Un stage doit être pris au sérieux. C’est souvent la porte d’entrée vers un emploi ». Mais au-delà des compétences, tous deux reviennent sur un point qu’ils jugent déterminant dans la durée. « Il faut travailler son attitude. Décrocher un emploi ne suffit pas, encore faut-il savoir le conserver », rappelle Cheik Ahamad Tidjani Touré, en écho aux retours réguliers des entreprises partenaires.
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