Réuni en point de presse ce mardi 5 mai 2026 au Gouvernorat du District de Bamako, le Réseau Stratégique des Observateurs de la Confédération AES (RESO-AES) a livré une analyse sans concession de la grave crise sécuritaire qui secoue le Mali et, au-delà, l’ensemble du Sahel. Entre condamnation ferme des attaques terroristes du 25 avril, dénonciation d’un assassinat ciblé aux allures d’acte de guerre et critique du silence international face aux violations des droits humains, le réseau entend désormais structurer une riposte intellectuelle et stratégique.

la Coordinatrice Pays Mali, Madame Samaké Fatoumata H. Traoré
Le 25 avril 2026 restera une date sombre dans l’histoire récente du Mali. Des attaques terroristes coordonnées ont visé simultanément plusieurs positions civiles et militaires à travers le pays. Mais au cœur de cette tragédie, un événement a profondément marqué l’opinion : l’assassinat ciblé du Ministre de la Défense, ainsi que de plusieurs membres de sa famille, à leur domicile.
Pour le RESO-AES, il ne s’agit pas d’un acte terroriste ordinaire. Le réseau qualifie cette opération de « guerre asymétrique », soigneusement planifiée pour frapper au sommet de l’État et semer la terreur. Une stratégie qui, selon lui, vise à affaiblir symboliquement les institutions et à déstabiliser durablement la nation.
Dans son analyse, le RESO-AES va plus loin en évoquant une instrumentalisation du terrorisme à des fins géopolitiques. Le phénomène, loin d’être une fatalité africaine, serait selon le réseau alimenté par des « commanditaires invisibles » et soutenu par une guerre informationnelle visant à manipuler les perceptions.
Cette double offensive militaire sur le terrain et narrative dans l’espace médiatique constituerait un levier stratégique pour freiner la dynamique d’intégration souveraine engagée par les États de la Confédération AES (Mali, Burkina Faso, Niger).
Autre point majeur soulevé lors de ce point de presse : le mutisme de la communauté internationale. Le RESO-AES dénonce un « deux poids, deux mesures » dans l’application du droit international humanitaire.
Face aux exactions, aux déplacements forcés de populations et aux attaques contre des civils, le réseau interpelle directement les grandes institutions internationales, les appelant à sortir de ce qu’il considère comme une « indignation sélective ». Pour ses responsables, ce silence fragilise davantage les populations sahéliennes et contribue à banaliser les violations des droits humains.

Le RESO-AES a présenté une feuille de route articulée autour de cinq axes majeurs :
- Condamnation absolue des attaques terroristes
- Qualification de crime de guerre pour l’assassinat du ministre
- Analyse géopolitique du terrorisme comme outil stratégique
- Dénonciation des violations du droit international humanitaire
- Appel à une mobilisation panafricaine autour de la souveraineté du Sahel.
Au-delà des déclarations, le réseau annonce une série d’initiatives concrètes visant à structurer une riposte durable :
- La création d’un Bulletin stratégique de souveraineté, dès juin 2026
- Le lancement d’un Observatoire de la désinformation anti-AES
- L’organisation d’un Forum citoyen de la souveraineté dans les capitales sahéliennes
- La mise en place d’une Académie de formation stratégique destinée aux jeunes et aux professionnels des médias
- L’ouverture immédiate d’un Registre documentaire des violations des droits humains au Sahel, conçu comme une archive juridique et mémorielle
Créé le 28 décembre 2025 et basé à Bamako, le RESO-AES se définit comme un réseau indépendant d’experts, d’analystes et d’observateurs. Sa mission : décrypter les enjeux stratégiques du Sahel et contribuer à la souveraineté informationnelle de la Confédération AES.
Ni organe étatique ni formation politique, il revendique une posture de neutralité rigoureuse, tout en s’inscrivant dans une dynamique de défense des intérêts stratégiques régionaux.
Lors de ce point de presse, la Coordinatrice Pays Mali, Madame Samaké Fatoumata H. Traoré, a insisté sur la nécessité d’une « union sacrée » face aux menaces multiformes qui pèsent sur le Sahel. Elle a appelé les médias, la société civile et la diaspora à jouer pleinement leur rôle dans la défense de la souveraineté et de la dignité des peuples sahéliens.
Au-delà du terrain militaire, le RESO-AES affirme que le véritable front se situe désormais aussi dans l სივრც de l’information. Face aux manipulations, aux récits biaisés et aux campagnes de désinformation, le réseau entend bâtir ce qu’il appelle un « bouclier intellectuel ».
Dans un contexte marqué par l’instabilité et les tensions géopolitiques, cette initiative traduit une volonté claire : reprendre le contrôle du récit sahélien et imposer une lecture souveraine des réalités du terrain.
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