Donald Trump s’est réjoui vendredi de la mort d’Abou Bilal al-Minuki, présenté comme l’un des principaux chefs de l’Etat islamique au Nigeria. C’est la deuxième fois en cinq mois que les Etats-Unis interviennent militairement dans le pays d’Afrique de l’ouest.

Donald Trump a annoncé vendredi que les forces des Etats-Unis et du Nigeria avaient tué un chef du groupe Etat islamique (EI) dans le pays d’Afrique en proie à des violences djihadistes. L’information a été confirmée ce samedi par le président nigérian Bola Tinubu et l’armée.
« Nos forces armées nigérianes, déterminées et travaillant en étroite collaboration avec les forces armées des Etats-Unis, ont mené une opération conjointe audacieuse qui a porté un coup dur aux rangs de l’Etat islamique », a dit Bola Tinubu dans un communiqué. Selon les forces de défense nigérianes, Abou Bilal al-Minuki était un « haut responsable de l’Etat islamique et l’un des terroristes les plus actifs au monde. »
Intervention américaine
C’est la deuxième fois en cinq mois que le président américain lance une intervention de son armée au Nigeria, où il a dénoncé des supposées persécutions dont seraient victimes les chrétiens. Cette opération visait cette fois Abou Bilal al-Minuki, qu’il a présenté comme le numéro deux de l’EI dans le monde.
« Ce soir, sur mes instructions, les courageuses forces américaines et les forces armées du Nigeria ont mené à la perfection une mission méticuleusement planifiée et très complexe afin d’éliminer du champ de bataille le terroriste le plus actif au monde », a déclaré Donald Trump sur son réseau Truth Social.
« Avec son élimination, les capacités opérationnelles de l’EI à travers le monde sont considérablement réduites », a assuré le président américain. « Il ne terrorisera plus la population africaine ni ne contribuera à planifier des opérations visant des Américains », a-t-il ajouté.
Recrudescence des attaques
Abou Bilal al-Minuki avait été placé sous sanctions américaines en 2023 pour ses liens avec l’EI. Washington affirmait alors que cet homme, également connu sous le nom Abou Bakr al-Mainuki, était né en 1982 et était originaire de l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria.
Le pays le plus peuplé d’Afrique lutte contre une insurrection djihadiste depuis 2009, principalement concentrée dans le nord-est du pays, tandis que des bandes armées se sont implantées dans de vastes zones rurales du nord-ouest et du centre-nord.
La recrudescence des attaques meurtrières et des enlèvements de masse ces derniers mois a attiré l’attention des Etats-Unis. Le président Donald Trump affirme que les chrétiens du Nigeria sont « persécutés » et victimes d’un « génocide » perpétré par des « terroristes », ce qu’Abuja et la majorité des experts nient fermement, les violences touchant en général indifféremment chrétiens et musulmans.
« Nous sommes devenus beaucoup plus agressifs »
L’armée américaine, en coordination avec les autorités nigérianes, avait mené le jour de Noël des frappes dans l’Etat de Sokoto (nord-ouest) visant, selon Washington, des djihadistes de l’Etat islamique. Et le Pentagone a accru son partage de renseignements, accéléré les ventes d’armes et déployé 200 soldats pour former les troupes nigérianes.
Sous l’administration du président Trump, « nous sommes devenus beaucoup plus agressifs et nous travaillons avec des partenaires pour cibler de manière cinétique les menaces, principalement l’EI », déclarait fin janvier à l’AFP le général John Brennan, un haut responsable du commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom).
Début avril, le département d’Etat américain avait autorisé le départ d’Abuja, la capitale du Nigeria, de son personnel non essentiel en raison de la détérioration de la situation sécuritaire. Les djihadistes affiliés à l’EI sont actifs au Niger voisin, ainsi qu’au Burkina Faso et au Mali, où ils mènent une insurrection sanglante contre les gouvernements de ces pays.
Source : Les Echos
En savoir plus sur FASSO ACTU
Subscribe to get the latest posts sent to your email.