PARTENARIAT AES-BRICS : Le développement au bout du pont sino-africain

La Confédération Alliance des États du Sahel (AES/Mali, Burkina Faso et Niger) doit chercherà se rapprocher des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud +) pour diversifier ses partenariats stratégiques et économiques, notamment en quittant la dépendance aux aides conditionnelles et en renforçant sa souveraineté. Espérant une croissance rapide et une meilleure valorisation de ses ressources naturelles grâce à des mécanismes de développement efficaces, la Confédération sahélienne perçoit les BRICS comme un levier pour promouvoir le multipolarisme et accéder à de nouveaux espaces de coopération économique. Si la Russie s’est donné le rôle de « facilitateur », c’est certainement le partenariat avec la République populaire de Chine qui peut réellement aider la Confédération à s’affranchir totalement de l’impérialisme occidental.

Pour être libre, il faut savoir s’enchaîner ! Entre le tout pour moi, les miettes pour toi de la pratique impérialiste ; et le gagnant-gagnant chinois, le choix est facile pour ceux qui ont la patrie comme agenda. Entre la fracture de développement entre l’Occident et l’Afrique, d’une part, et un pont d’échanges mutuellement bénéfiques entre l’Afrique et les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud…), d’autre part, le pont sino-africain est la voie de sortie du tunnel du sous-développement. La preuve, au moment où l’Occident retourne au protectionnisme des temps de sinistre ; la Chine dispense de tout droit de douane les produits africains entrant sur son territoire.

Les pays développés d’Asie (Japon, Chine, Inde, Corée…) ont besoin des ressources naturelles africaines pour soutenir leur croissance. La Fédération de Russie a toutes les ressources naturelles dont dispose l’Afrique. Son soutien constant au continent répond plutôt à des considérations géopolitiques d’opposition occidentale qui ne peut tolérer la puissance russe, et encore moins l’impossibilité d’assimiler culturellement cette vieille civilisation. Les Occidentaux savent que la Russie n’acceptera jamais d’être un État vassal.

Aujourd’hui, les BRICS offrent une ouverture géopolitique, géoéconomique et géostratégique extraordinaire à l’Afrique. Entre la prédation impérialiste et le partenariat stratégique avec les BRICS, la responsabilité des leaders africains est de savoir et pouvoir construire le pont qui reliera le continent au monde à travers l’Asie. C’est seulement ainsi que nous quitterons l’enclos dans lequel nous sommes confinés depuis des siècles. Les ânes chargés de bouquins nous sortirons encore toutes les théories absurdes néocoloniales de leurs maîtres. Mais, le néocolonialisme reste un cercle vicieux. Et on ne sort pas d’un cercle vicieux, on le rompt. C’est là que ressort la responsabilité historique de ceux qui ont en charge la sortie de l’Afrique du long tunnel d’aliénation culturelle, politique et économique de 5 siècles de domination et d’oppression.

Les BRICS ne peuvent pas se substituer à nous dans la lutte de transformation des rapports de gouvernance avec notre environnement (interne et externe) ; dans notre auto-ajustement culturel, politique et économique dans une direction déterminée de commun accord par les peuples africains. « Dieu ne change les conditions d’un peuple que lorsque ce peuple change son tréfonds », dit-on. La révolution, c’est-à-dire la transformation des structures de production et des rapports sociaux, n’est pas une soirée de gala, encore moins une singerie électorale. C’est une lutte à mort entre le peuple et les prédateurs qui vivent de notre maintien dans la servitude. Dans cette lutte multidimensionnelle, malheur sera la récompense de ceux qui hésiteront à balayer les impérialistes et leurs affidés ; mais aussi à les empêcher de revenir par la fenêtre.

Diatrou Diakité Consultant indépendant


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