Pour réaliser le Projet alternatif africain porté par la Confédération Alliance des Etats du Sahel (AES), il nous faut au Mali restructurer et remobiliser les forces patriotiques à la lumière de ce que nous avons vécu avant et après le 18 août 2020. En plus bien sûr d’une vision claire de notre mission dans la réussite de ce projet alternatif africain.
Dut-on exciter toutes les indignations et heurter tous les préjugés, Il faut le dire parce que c’est la vérité, cette construction des bases politiques du Projet alternatif africain ne peut se faire sans la bénédiction des autorités supérieures de l’Etat. Elle ne s’improvise pas. Elle demande du temps et de la patience. Gloire aux autorités de l’AES pour les succès militaires et diplomatiques ; mais gare à elles si elles oublient que les contradictionspolitiques et les exigences économiques et sociales sont permanentes.
Organisation, éducation et mobilisation du peuple sur le projet sociétal ! Voilà la condition de pérennité de la dynamique de transformation des structures culturelles, politiques et économiques du Mali et de l’ensemble AES. Le Projet Mali Kura est une chose, sa mise en œuvre en est une autre. L’efficience et l’efficacité de l’équité (sanctionner la faute et récompenser le mérite) de la gouvernance seront les bases sur lesquelles le peuple jugera l’alliance des forces patriotiques. Après le 18 août 2020, les religieux qui se disaient ni demandeurs ni preneurs ont été les premiers à tourner casaque. Que dieu sauve le Mali !
Si notre agenda est vraiment le Mali, rien ne nous empêchera de nous entendre pour sauver la patrie. Une fois de plus, rappelons-nous que « l’homme qui détermine sa conduite par la perspective la plus proche est l’homme le plus faible ». Le développement d’un pays est une question de générations, un combat de longue haleine. L’histoire effacera de la mémoire collective tous ceux qui n’agissent qu’en fonction de leurs intérêts personnels. Elle retiendra pour l’éternité, comme les preux du manding, ceux qui agiront en fonction des objectifs globaux du Projet Alternatif Africain de Renaissance porté par l’AES.
Face à l’ampleur titanesque des tâches de la Renaissance africaine, les acteurs AES doivent être guidés par les quatre vertus qui, rattachées à la force, donnent de la grandeur aux personnes comme aux nations. A commencer par la « magnificence » qui fait voir grand malgré les difficultés de l’entreprise ; la « manuficence » qui fait voir grand malgré le coût des opérations à engager. L’autre vertu, c’est la « magnanimité » qui fait voir grand sans souci d’en tirer égoïstement du profit. Il y a enfin et surtout la « mutation » scientifique, technologique et économique découlant des apports nouveaux de l’Afrique à la socialisation et au progrès de l’humanité au 21e siècle.
Pour paraphraser Machiavel, nous dirons que misérable et vaincu d’avance est le peuple qui nourrit de médiocres projets !
Diatrou Diakité Consultant indépendant
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