Mali : les sortants des IFM demandent des actes concrets pour l’Année de l’Éducation

Le Collectif des Sortants des Instituts de Formation de Maîtres (CSIFM) est monté au créneau pour exprimer son mécontentement face au faible nombre de postes accordés aux enseignants dans le cadre du récent concours de recrutement de la Fonction publique des collectivités territoriales. Dans un communiqué rendu public sous la référence N°023-2026/BEN-CSIFM, l’organisation dénonce une situation qu’elle juge en décalage avec les ambitions affichées par les autorités de la Transition pour le secteur éducatif.

Pour le Collectif, la proclamation de l’année scolaire 2026-2027 comme « Année de l’Éducation et de la Culture » devrait s’accompagner de mesures concrètes en faveur du système éducatif national. Or, estime-t-il, le quota réservé aux enseignants lors du concours récemment lancé demeure largement insuffisant au regard des besoins réels des établissements scolaires à travers le pays.

Le CSIFM souligne que de nombreuses écoles, notamment dans les zones éloignées, continuent de faire face à un déficit important d’enseignants qualifiés. Cette réalité contraste, selon ses responsables, avec le nombre croissant de diplômés issus des Instituts de Formation de Maîtres (IFM) qui peinent à accéder à un emploi malgré leur qualification et leur disponibilité à servir l’État.

Dans son communiqué, le Collectif rappelle que la valorisation de l’éducation ne saurait se limiter à des déclarations symboliques. Il soutient qu’un recrutement plus conséquent d’enseignants constitue une condition essentielle pour garantir à chaque enfant malien un accès équitable à une éducation de qualité et renforcer les performances du système éducatif national.

Face à cette situation, le CSIFM formule plusieurs revendications. Il demande notamment la révision à la hausse du quota attribué aux enseignants dans le cadre du concours de la Fonction publique des collectivités territoriales, la mise en œuvre d’un plan spécial de recrutement des sortants des IFM ainsi que l’ouverture d’un cadre de concertation entre les autorités compétentes et les représentants des diplômés des Instituts de Formation de Maîtres.

Tout en réaffirmant son attachement aux valeurs républicaines et son engagement en faveur d’actions légales, pacifiques et responsables, le Collectif prévient qu’il se réserve le droit d’entreprendre toute initiative citoyenne conforme à la loi pour faire entendre les préoccupations des sortants des IFM.

Signé par son secrétaire général, Oumar Mamadou Coulibaly, le communiqué relance ainsi le débat sur la place de l’éducation dans les priorités nationales et sur la nécessité d’adapter les politiques de recrutement aux besoins croissants du système scolaire malien. Alors que les autorités affichent leur volonté de faire de l’éducation un levier stratégique de développement, les attentes des futurs enseignants demeurent fortes quant à la traduction concrète de cette ambition sur le terrain.

Sory Diakité


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