Dans le cadre de la commémoration des cinq années de la Transition, une conférence-débat consacrée aux principales réalisations du Président de la Transition, Chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta, s’est tenue ce lundi 22 juin 2026 dans un hôtel de la capitale malienne. La rencontre a été animée par la ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sall Seck, et le ministre du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, M. Fassoun Coulibaly.

Face à un public composé de responsables administratifs, d’acteurs du secteur privé, de jeunes entrepreneurs, de représentants syndicaux et de membres de la société civile, les deux ministres ont dressé un état des lieux des actions menées depuis 2021 dans les domaines de l’emploi, de la formation professionnelle, de l’entrepreneuriat et du dialogue social.
Dès l’ouverture des échanges, Mme Oumou Sall Seck a précisé que la rencontre n’avait pas pour ambition de présenter un bilan exhaustif de l’action gouvernementale, mais plutôt de mettre en lumière certaines réalisations majeures enregistrées au cours des cinq dernières années.
« L’objectif ici est de faire un bilan exhaustif de certaines réalisations, loin de nous l’idée de faire un bilan complet », a-t-elle déclaré.
Selon les données présentées lors de la conférence, les politiques publiques mises en œuvre sous la Transition ont permis la création de 304 615 emplois entre 2021 et 2025. Les intervenants ont également souligné que 12 677 projets ont bénéficié d’un financement, favorisant ainsi la création d’activités génératrices de revenus et le renforcement du tissu entrepreneurial national.

La ministre a particulièrement insisté sur les efforts consentis dans le domaine de la formation professionnelle. À ce titre, 89 784 jeunes auraient été formés et insérés dans la vie active au cours des cinq dernières années. Elle a également annoncé que l’État malien finance actuellement la formation de 50 boursiers dans des filières professionnelles stratégiques, illustrant ainsi sa volonté de développer des compétences adaptées aux besoins du marché du travail.
Les infrastructures de formation ont également connu des améliorations notables. Plusieurs Centres de Formation Professionnelle (CFP) ont été construits, équipés ou réhabilités dans différentes localités du pays, notamment à Sikasso, Markala, Dioïla, Fana et Mofa Badougou. Plus de deux milliards de francs CFA auraient été investis dans le renforcement des capacités des centres de formation afin de mieux préparer les jeunes aux métiers porteurs.
Par ailleurs, 7 500 jeunes ont bénéficié d’un accompagnement vers leur première expérience professionnelle grâce à des programmes spécifiques soutenus à hauteur de plus de 3,2 milliards de francs CFA.
L’entrepreneuriat figure également parmi les priorités mises en avant lors de cette conférence. Les responsables gouvernementaux ont rappelé qu’au cours de la Transition, le Mali s’est doté d’un département ministériel spécifiquement dédié à l’entrepreneuriat, accompagné d’une stratégie nationale visant à stimuler l’innovation, soutenir les porteurs de projets et favoriser la création d’emplois durables.
Intervenant sur les questions liées au travail et à la fonction publique, le ministre Fassoun Coulibaly a présenté plusieurs avancées enregistrées dans le cadre des réformes administratives et du dialogue social.
Selon lui, entre 2021 et 2025, environ 4 064 fonctionnaires ont été recrutés dans la fonction publique d’État à travers des concours directs. Il a insisté sur la nécessité de garantir l’égalité des chances et la transparence dans les processus de recrutement.
« Chaque recrutement par concours direct est une chance égale donnée à tous les enfants du Mali », a-t-il affirmé.
Le ministre a également mis en avant plusieurs réformes structurantes, parmi lesquelles l’instauration de la grille salariale unifiée en 2021, l’organisation de la Conférence sociale en 2022, la signature du Pacte de stabilité sociale en 2023, la création du Conseil national du dialogue social (CNDS), ainsi que les innovations introduites depuis 2024 pour renforcer la transparence et la crédibilité des concours administratifs.
Les avancées enregistrées en matière de protection sociale et de gestion des ressources humaines ont également été évoquées. Parmi les mesures annoncées figurent la mise en œuvre du premier Plan national de santé et de sécurité au travail, la revalorisation progressive de la valeur indiciaire sur trois ans, l’élaboration de nouveaux plans de formation et de recrutement, la révision du statut général des fonctionnaires ainsi que l’amélioration des conditions de départ à la retraite.
Abordant les défis à relever, Mme Oumou Sall Seck a attiré l’attention sur le poids important du secteur informel dans l’économie nationale. Selon elle, près de 75 % de l’activité économique malienne repose encore sur l’informel, une situation qui limite les recettes fiscales, fragilise les travailleurs et réduit les capacités d’investissement de l’État.
« L’informel tue l’économie », a-t-elle déclaré, appelant à une meilleure structuration des activités économiques et à une plus grande formalisation des entreprises.
Au terme des échanges, les deux ministres ont réaffirmé la volonté du Gouvernement de poursuivre les réformes engagées afin de renforcer l’employabilité des jeunes, améliorer la gouvernance du marché du travail et créer les conditions d’une croissance économique inclusive au bénéfice de l’ensemble des Maliens.
Cette conférence-débat a ainsi offert un cadre de réflexion sur les acquis, les défis et les perspectives de l’action publique dans des secteurs considérés comme essentiels à la construction du Mali Kura.
Sory Diakité
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