À l’occasion du Forum du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI/WSIS Forum 2026), organisé à Genève, le Mali a porté sa vision d’une intelligence artificielle fondée sur la souveraineté numérique, l’inclusion et le développement durable. Représentant le gouvernement malien, le ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, est intervenu lors de la table ronde ministérielle de haut niveau consacrée aux stratégies et politiques en matière d’intelligence artificielle.
Prenant la parole au nom du Mali, le ministre a présenté une approche qui place l’intelligence artificielle au cœur de la transformation structurelle des pays en développement. Il a souligné que cette technologie constitue une opportunité majeure pour l’Afrique, à condition que son essor repose sur des mécanismes plus équitables et qu’il réponde aux besoins spécifiques des États du Sud.
Le chef du département a articulé l’ambition malienne autour de cinq axes prioritaires. Le premier concerne le développement des compétences locales, avec la création de centres africains d’excellence, le renforcement des formations spécialisées et une meilleure prise en compte des langues nationales, notamment le bambara, dans les modèles d’intelligence artificielle afin de favoriser une appropriation réelle de ces outils par les populations.
Le deuxième pilier défendu par le Mali porte sur un accès plus équilibré aux technologies. Le ministre a plaidé en faveur d’un partage accru des infrastructures de calcul, des modèles ouverts et des données d’entraînement, estimant que les ressources numériques africaines doivent contribuer en priorité au développement du continent.
Abordant les conditions techniques indispensables au déploiement de l’intelligence artificielle, Alhamdou Ag Ilyène a insisté sur la nécessité de renforcer la connectivité, de sécuriser les réseaux numériques et de garantir un accès durable à l’énergie. Selon lui, la stabilité sécuritaire et l’autonomie énergétique constituent désormais des leviers incontournables pour bâtir une économie numérique performante, en particulier dans l’espace sahélien.
Sur le volet de la gouvernance, le Mali a réaffirmé son attachement à un cadre international reposant sur des principes d’éthique, de respect des droits humains et de représentation équilibrée des différentes régions du monde. Le ministre a également appelé à une meilleure protection des données nationales et au renforcement de la cybersécurité face aux nouveaux défis liés à l’expansion de l’intelligence artificielle.
En clôturant son intervention, le ministre a rappelé les réformes engagées par le Mali pour accélérer sa transformation numérique, notamment la modernisation de l’administration publique, le développement des infrastructures de télécommunications et l’amélioration des services destinés aux citoyens grâce aux technologies numériques. Il a enfin invité les partenaires internationaux à intensifier leur accompagnement des pays en développement à travers des investissements, des transferts de compétences et des financements adaptés.
Organisé sous l’égide de l’Union internationale des télécommunications (UIT), en partenariat avec l’UNESCO, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), la CNUCED et la Confédération suisse, le Forum SMSI 2026 réunit à Genève les principaux acteurs mondiaux du numérique afin de promouvoir une coopération renforcée autour des technologies émergentes et d’accélérer la construction d’une société de l’information plus inclusive.
Sory Diakité
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