La Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a présenté, ce mercredi 22 juillet 2026 à son siège de Dakar, son Rapport annuel au titre de l’exercice 2025. Présidée par le Gouverneur Jean-Claude Kassi Brou, la cérémonie a réuni les principaux responsables de l’institution, notamment les Directeurs généraux en charge de l’Économie et de la Monnaie ainsi que de l’Inclusion financière, qui ont détaillé les résultats enregistrés au cours de l’année écoulée et les grandes orientations stratégiques de la Banque centrale.
Placée sous le signe de la transparence et de la redevabilité, cette présentation a permis de mettre en lumière les performances macroéconomiques de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dans un environnement international particulièrement incertain, marqué par les tensions géopolitiques, la fragmentation des échanges commerciaux, la volatilité des marchés financiers ainsi que les effets persistants des changements climatiques.
Face aux nombreuses incertitudes ayant caractérisé l’année 2025, la BCEAO a poursuivi une politique monétaire prudente dont les résultats ont été salués lors de la présentation du rapport.
Selon le Gouverneur Jean-Claude Kassi Brou, la maîtrise de l’inflation est demeurée la première priorité de la Banque centrale afin de préserver le pouvoir d’achat des populations tout en maintenant un environnement favorable aux investissements.
Les indicateurs présentés témoignent d’une nette amélioration de la situation économique. Le taux d’inflation est revenu à un niveau proche de zéro après avoir atteint des niveaux historiquement élevés en 2022, conséquence des chocs mondiaux sur les prix des produits alimentaires et énergétiques. Cette évolution résulte à la fois des décisions de politique monétaire, de la baisse des prix des produits importés et d’une campagne agricole favorable dans l’ensemble de l’Union.
Dans le même temps, la croissance économique de l’UEMOA est demeurée robuste avec un PIB en progression de 6,7 %, confirmant la capacité des économies de l’Union à résister aux chocs extérieurs tout en maintenant une dynamique d’investissement et de consommation.
La stabilité financière a constitué le deuxième pilier de l’action de la Banque centrale.
Les responsables de la Direction générale de l’Économie et de la Monnaie ont présenté les différentes réformes engagées pour consolider le secteur bancaire, notamment le relèvement du capital minimum des établissements de crédit, le renforcement du dispositif prudentiel ainsi que l’amélioration des mécanismes de supervision bancaire.
La BCEAO poursuit également le renforcement des dispositifs de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive, autant de mesures destinées à préserver la confiance dans le système financier régional.
L’un des temps forts de cette présentation a porté sur les avancées enregistrées en matière d’inclusion financière et de digitalisation des services financiers.
Les responsables de la Direction générale de l’Inclusion financière ont souligné que la modernisation des systèmes de paiement constitue désormais un levier essentiel du développement économique de l’Union.
L’année 2025 a notamment été marquée par le lancement de la Plateforme Interopérable du Système de Paiement Instantané (PI-SPI). Cette infrastructure régionale permet désormais aux banques, établissements de paiement, institutions de microfinance et émetteurs de monnaie électronique d’effectuer des transactions instantanées, accessibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Elle favorise ainsi des paiements plus rapides, plus sécurisés et moins coûteux pour les particuliers comme pour les entreprises.
La BCEAO a également annoncé que l’Union compte désormais 30 établissements de paiement agréés et 81 émetteurs de monnaie électronique, illustrant la forte progression des services financiers numériques.
L’autre annonce majeure de cette cérémonie a été l’évolution du projet de monnaie numérique de Banque Centrale (MNBC).
Après la définition des objectifs prioritaires en 2024, la BCEAO entre désormais dans une phase de Proof of Concept, destinée à évaluer la faisabilité technique, économique et réglementaire d’une monnaie numérique émise directement par la Banque centrale.
Pour l’institution, cette innovation pourrait contribuer à renforcer l’efficacité des paiements, favoriser l’inclusion financière et accompagner la transformation numérique des économies de l’UEMOA.
En parallèle, la Banque centrale poursuit la structuration de son écosystème d’innovation à travers plusieurs initiatives, dont le Laboratoire d’Innovation FinTech (LIF-BCEAO), le Comité FinTech, le BCSF-UMOA et le Comité des actifs virtuels, chargés d’accompagner l’émergence des nouvelles technologies financières.
Au-delà des paiements numériques, la BCEAO entend également anticiper les mutations technologiques liées à l’intelligence artificielle.
Une conférence internationale organisée en marge de la présentation du rapport a permis d’ouvrir la réflexion sur les usages de l’IA au sein des banques centrales et du secteur financier, avec l’ambition de construire un cadre d’utilisation sécurisé, éthique et adapté aux réalités de l’Union.
En clôturant la cérémonie, le Gouverneur Jean-Claude Kassi Brou a réaffirmé l’ambition de la BCEAO de construire une banque centrale plus moderne, innovante et proche des besoins des populations.
Les résultats présentés dans le Rapport annuel 2025 traduisent une volonté de concilier stabilité macroéconomique, solidité financière et transformation numérique. Dans un environnement international toujours marqué par l’incertitude, la Banque centrale entend poursuivre ses réformes afin de consolider la résilience des économies de l’UEMOA et de favoriser une croissance inclusive au bénéfice des citoyens de l’Union.
Source : AllAfrica
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